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Mandat électoral et nationalisme

Posté par tokyomonamour le 6 septembre 2010

Je reviens sur la conférence des patriotes qui a eu lieu à Tokyo le mois dernier à Tokyo et qui rassemblait les représentants des principaux partis politiques nationalistes (ou « patriotes » selon votre inclinaison politique) sur l’invitation de la Issukai.

Outre le contenu des débats, dont j’ai déjà parlé auparavant, le principal point de fracture entre les européens présents et leurs hôtes était à rechercher dans leur statut politique. Tous les représentants européens, FN, FPO, BNP etc. étaient présents en leur qualité de parlementaire, national ou européen. Les japonais par contre, n’avaient aucun parlementaire de niveau national à présenter de leur côté, juste des journalistes, des intellectuels ou des artistes…

En effet, il n’existe pas de partis politique d’extrême droite au Japon. On y trouve des courants de pensée nationalistes, des journalistes, des sympathisants parlementaires, mais aucun parti dédié en propre aux idées nationalistes. Les raisons? Multiples à mon avis: la guerre est toujours bien présente dans les esprits, les américains sont toujours là, le pacifisme et l’article 9 sont toujours de mise… Bref, le poids du passé récent et la situation géopolitique actuelle de l’archipel empêche surement la création d’un parti aux idées ouvertement patriotiques. Mais il ne s’agit là, à mon avis, que de causes conjoncturelles.

La véritable cause est à rechercher dans l’homogénéité ethnique, linguistique et sociale des japonais. Les hommes s’organisent en groupe politique pour se défendre lorsqu’ils ressentent un danger, comme le chien qui mord quand il a peur.
C’est pourquoi l’afflux massif de l’immigration en Europe a causé la création de nombreux partis d’extrême droite, par ce que ces populations étrangères sont perçues comme une menace et qu’elles suscitent des sentiments de peur et de frustration accentuées par des gouvernements démagogiques et globalement incompétents.

Le Japon n’a pas eu, jusqu’à très récemment, à faire face à ce genre de menace: une immigration strictement contrôlée, le parapluie nucléaire américain, une croissance économique principalement basée sur le « génie » technologique indigène (on dit que le Japon est un pays de copieurs, c’est un honteux mensonge! Le Japon est le deuxième pays, après les USA, par le nombre de dépôts de brevets). L’identité japonaise n’est pas une chose à défendre, à préserver comme un eco-système en danger. C’est un élément naturel, évident. Et on ne se s’organise pas pour affirmer quelque chose d’évident… De nombreux membres du PLD, qui a été au pouvoir pendant un demi siècle, jusqu’à l’an dernier du moins (avec quelques coalitions bancales depuis les années 90), ont des idées qui ne rebuteraient pas les cadres du FN. Mais ces idées nationales sont intégrées dans le processus politique, elles ne suscitent pas de débat réellement conflictuels.

Cependant, les choses sont en train de changer: appauvrissement général, augmentation de la précarité de l’emploi, hausse de l’immigration… Il n’est pas impossible que dans un proche avenir, sur le modèle européen, des partis politiques nationalistes « sérieux » présentent des candidats aux élections. Des groupes d’immigrés ou d’étrangers naturalisés s’organisent pour lutter contre ces tendances récentes qui iront probablement en s’accentuant à mesure que l’immigration chinoise deviendra plus importante. Espérons que les japonais sauront gérer ce choc des civilisations avec sagesse et modération.

Publié dans Nationalisme, Politique | 2 Commentaires »

La vieille extrême droite japonaise est morte… Vive la nouvelle?

Posté par tokyomonamour le 19 août 2010

Comme l’explique très bien Wikipedia sama, l’extrême droite japonaise traditionnelle, celle de l’après guerre qui comptait dans ses rangs de nombreux anciens militaires et responsables de l’ancien régime, avait de très fortes connections avec le parti du PLD qui, dans l’immense majorité, partageait les mêmes opinions, à savoir:

- Ne pas lâcher les revendications territoriales sur les îles en litige (Kouriles avec la Russie, senkaku avec la chine et Taiwan et takeshima avec la Corée… Le Japon a des litiges avec absolument tous ses voisins donc…).
- Rejeter le communisme et pour ce faire, faire contre mauvaise fortune bon coeur, et renforcer l’alliance avec les USA.
- Se concentrer avant tout sur le redressement du pays et son développement économique.

L’affaire Mishima en 1970 (Mishima Yukio se fait Seppuku dans les locaux de l’agence de la défense pour protester contre la perte de l’esprit national) lance un nouveau mouvement appelé justement, shin uyoku, avec la Issuikai à sa tête. Ce mouvement se développera de façon non organisée, à travers des associations, des publications (Le magazine Sapio notament, publié en 1987, toujours en activité dans lequel le mangaka Kobayashi Yoshinori publie régulièrement), des ouvrages littéraires et des hommes politiques d’importance (le maire de Tokyo, Shintaro Ishihara, pourrait être classé dans ce mouvement).

Ce mouvement ne met pas nécessairement l’économie au coeur de ses préoccupations, il est plus préoccupé par des questions « traditionnelles » et surtout, nettement moins pratiques, que ses prédécesseurs de l’immédiat après-guerre:

- Recouvrer « l’indépendance réelle » du Japon en rejetant toutes les bases US hors de l’archipel et, ultimement, se doter de l’arme nucléaire afin de parer aux menaces chinoises et nord-coréenne
- Modifier la constitution pour la réécrire de la main du peuple japonais
- Revitaliser le patriotisme des jeunes japonais.

L’ancienne extrême droite japonaise, qui avait fait la guerre, mettait ses idées au service de la realpolitik dans un contexte d’occupation et de guerre froide. La nouvelle extrême droite, représenté par des hommes et des femmes qui ont vécu durant la période de forte croissance économique, se concentre sur des « principes » moraux et des théories de géopolitique toute faite… L’ancienne extrême droite qui a souvent mis ses troupes au service du gouvernement dans sa lutte contre les cellules communistes dans le pays était pragmatique mais « l’idéalisme » national des nouveaux patriotes japonais peut devenir dangereux s’il se répand dans les cercles politiques, toujours teintés du pragmatisme de la doctrine Yoshida.

La conférence des patriotes tenus à Tokyo la semaine dernière avec plusieurs membres de l’extrême droite européenne a montré avec évidence la dichotomie entre les mouvements nationalistes européens qui se concentrent tous sur des questions essentiellement pratiques et immédiates, immigration et bureaucratie européenne, et le mouvement japonais mené par la Issukai, qui professe un patriotisme avant tout moral et une idéologie assez abstraite basée sur des principes (l’empereur, la réforme de la constitution etc.). Je ne pense pas que le Japon ait gagné au changement de générations dans ses mouvements nationalistes et je préférais nettement les anciens barbouzes, ex-militaires associés aux yakuzas, brutaux mais « raisonnables » dans les grandes lignes, que ce nouveau courant de principes qui n’a pas connu la guerre…

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Immobilier et perception culturelle

Posté par tokyomonamour le 22 juillet 2010

L’immobilier… L’immobilier ! Que n’entend-on pas sur le sujet ?! La pierre chez les français, la brique chez les belges, le real estate chez les yankees préférant les expressions claires aux métaphores erronées (le béton étant désormais bien plus représentatif de l’immobilier que le granit ou la terre cuite…), tout y passe. Tant au niveau de l’immobilier comme bien d’investissement ou de consommation, que comme valeur sociale ou artistique lorsqu’on le mêle à l’architecture… Les rapports entre hommes et « immeubles » sont révélateurs de toutes les valeurs culturelles d’une société et de la philosophie de vie d’un individu.

Outre les clichés classiques du propriétaire, sédentaire, familial, respectant l’ordre et la communauté, et du locataire, nomade, individuel, ne s’intégrant pas vraiment là où il vit (je mets de côté ceux qui n’ont pas le choix financier, dans un sens comme dans l’autre), on trouve un tas de révélateurs culturels dans l’approche générale face à l’immobilier, et au logement en particulier.

Je commence ici une petite série d’articles sur l’immobilier et le logement au Japon en commençant par la plus grosse différence culturelle entre français (mais aussi européens de façon générale) et japonais sur ce point, à savoir:

La perception de la durée de vie du bâti.

En France, l’immobilier est un bien durable. Durée de vie envisagée : plusieurs siècles. Pas de durée de vie légale. Pas de destruction volontaire sauf en cas d’extrême nécessité (« Ha merde, on a construit en zone inondable ! » ou bien, « Ces cités de 10 000 unités d’habitations sans commerces ni espaces verts, c’était pas une très bonne idée en fait… »).
Au Japon, l’immobilier est un bien de consommation. La durée de vie légale envisagée sur laquelle se base le taux d’amortissement fiscal est de 25 ans pour un immeuble en bois, 38 ans pour un immeuble en briques ou pierres, entre 19 et 34 ans pour une structure métallique et 47 ans pour un immeuble en béton. Du coup, que font de nombreux propriétaires d’immeubles japonais ? Ils détruisent l’immeuble en place une fois sa durée de vie légale terminée et en reconstruisent un autre derrière pour bénéficier de réductions d’impôts et de la possession d’un bien neuf.

La construction immobilière au Japon suit, de manière générale même si les choses changent doucement (ça coute cher de faire reconstruire une fois par génération et le Japon est en train de se paupériser) des cycles courts de destruction et de reconstruction, tant au niveau des bâtiments commerciaux que des bâtiments d’habitation. Plusieurs raisons culturelles et économiques à cela : La plus importante tour d’abord, celle de qui tout découle, la géographie.

3 facteurs jouent de tout leur poids:

Matériaux traditionnellement disponible au japon pour la construction : le bois (putrescible et sensible aux incendies)
Conditions climatiques : été très humides, hivers très froids (le bois se prend des chocs thermiques de grosse amplitude tous les ans)
Désastres naturels : tremblements de terre, inondations, tsunamis (chaque génération connait au moins une catastrophe nationale)

La combinaison de ces facteurs géographiques n’encouragent pas, vous l’aurez compris, la durabilité du bâti.
A cela s’ajoute des facteurs religieux et culturels, le Shinto est un shamanisme primitif encourageant les cycles et la pureté sans cesse renouvelée (le sanctuaire d’Ise, le plus important au Japon puisqu’il est censée abritée la maman divine de l’actuel empereur, Mme Amaterasu Omikami, est ainsi détruit et reconstruit tous les 20 ans), et des facteurs économiques plus récents : soutenir le secteur du bâtiment et de la construction, l’un des plus important du pays par la mise en place de seuils fiscaux de durée de vie notamment.

Cette différence de perception de la durée de vie envisagée d’un bâtiment est source de nombreuses incompréhensions. Le bâtiment étant un bien de consommation, comme une voiture, il perd de la valeur avec le temps. Seul le foncier garde sa véritable valeur. Il peut donc arriver qu’un terrain sur lequel se trouve une bâtisse vieille de 50 ans, encore habitable mais sûrement pas aux critères actuels, ait moins de valeur qu’un terrain nu, puisqu’il faudra détruire la bâtisse pour pouvoir en construire une autre et que cela engendrera des frais ! Le bâtiment peut donc clairement être un fardeau par rapport au foncier… Un retournement de pensée assez surprenant non ?

« La pierre, c’est du solide ! »… Mouais… Peut-être sur les terres de France, mais surement pas de ce côté-ci du monde.

Publié dans Immobilier au Japon | 2 Commentaires »

 

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