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Les voitures brûlent aussi au Japon

Posté par tokyomonamour le 27 octobre 2010

Moi, français, je revendique la paternité de l’invention! Les voitures qui flambent par centaines à l’occasion d’émeutes urbaines catharsistiques, c’est une tradition française bien établie! Et ce, depuis… longtemps, mais officiellement reconnue dans le monde entier depuis 2005 au moins. He bien figurez-vous qu’au Japon aussi, les bagnoles brulent. Qui l’eut cru?! Sûrement pas moi. Dans un pays ou une bagnole ayant eu les pneus dégonflés fait la une des locales à Tokyo (véridique), des incendies volontaires de véhicules, c’est impensable.

Et poutant, le 22 octobre dernier à Fukui, une ville de province sur la Mer du Japon, une voiture à été mise à feu devant une mosquée fréquentée par des pakistanais avec l’incription suivante: Gaijin, Get out

Si vous voulez mon avis, ça pue un peu ça. D’autant plus que la nouvelle n’a vraiment pas été reprise par les médias (Asahi et Japan Today, un filet dans le Japan Times)… La montée des immigrés au Japon commence à créer des réactions de violence de la part de certains autochtones, qui se sentent lésés, incompris et abandonnés par les autorités impuissantes face à la décadence déflationniste du pays qui dure depuis 20 ans.

Oui à la préférence nationale mais non au racisme primaire! Il faudra que j’en touche un mot à Kan lors de notre prochain verre ensemble.

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Edo: un urbanisme de guérilla

Posté par tokyomonamour le 25 octobre 2010

Ando Tadao est l’architecte de la guérilla urbaine. C’est pas moi qui le dit, c’est lui. Il aime considérer la ville comme un champ de bataille, un espace hostile dans lequel l’homme doit se battre pour survivre et ce, au moyen de l’architecture… De la part d’un ancien boxeur professionnel autodidacte (la bio de Tadao est assez extraordinaire), ça ne m’étonne pas.

Mais ce n’est pas d’architecture dont nous parlons ici, mais de défense urbaine. Edo, l’ancien nom de Tokyo, a été fondé par Tokugawa Ieyasu à la fin du 16ème siècle. Le palais et le parc impérial d’aujourd’hui accueillait alors le château du Shogun et c’est de là que la ville s’est créée. Au sud, la baie, à l’est les rivières de Sumida et de Arakawa forment les remparts naturels de défense de la ville. Mais au nord et à l’ouest, une plaine et quelques collines… Si la pax Tokugawa a duré plus de 250 ans, ce n’est pas par ce que les japonais s’étaient soudainement assagis. Ils avaient connu 400 ans de guerres civiles et féodales, vous pensez bien que ça forme les mentalités ! Non, la paix a duré par ce que les shoguns successifs ont toujours mené une politique de contrôle et de prévoyance politique et militaire à l’échelle du pays et bien sûr, à l’échelle de leur capitale, Edo.

Comment protéger la capitale au nord et à l’ouest ? Cette question a du turlupiner le petit Ieyasu dès sa jeunesse. Bien sûr, on a creusé des douves et des rivières artificielles mais face à une armée en marche, c’était bien peu. Alors, Ieyasu a semble-t-il (mettons ça au conditionnel car il n’y a pas de documents officiels attestant la chose) décidé d’utiliser le développement urbain dans une optique défensive. Un peu sur le modèle des Casbah arabes, le développement anarchique urbains, les ruelles étroites, les carrefours en T, les rues qui tournent tous les 50 mètres… Tous ceux qui se sont promenés dans Tokyo ont déjà ressenti cette étrange impression d’anarchie, de se promener dans un labyrinthe, dans une ville qui n’aurait pas été planifié… Quel contraste avec Kyoto ! Le New-York du 9ème siècle a été tracé sur plan, les avenues ont toutes des numéros, le damier était si clair que la structure n’a pas changé de nos jours. Si les Tokugawa avait décidé de clarifier la ville, nul doute qu’ils auraient pu le faire, tant au niveau financier qu’au niveau des technologies de génie civil. Tous les premiers quartiers commerçants de l’est, bâtis sur des zones remblayés (Ginza, Fukakawa, Nihonbashi…) prouvent le niveau technologique de l’époque. Ces quartiers, protégés par les fleuves et la baie, sont d’ailleurs rigoureusement tracés en angle droit… Contraste saisissant avec l’ouest du Château.

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Les quartiers remblayés à l’est et au sud, tracés au carré, en rose

Plutôt que de fonder une ville harmonieuse, les autorités publiques auraient donc volontairement encouragé le développement anarchique des zones de l’ouest. Kagurazaka, Akasaka ou Roppongi, les quartiers les plus Hip de Tokyo, connus pour leurs petites rues si pittoresques et pleines de vie, cette trame urbaine faite d’angles, de culs de sac et de virages constants, qui fait maintenant leur charme, était donc probablement faite pour ralentir une armée d’invasion… De même, on trouve à Tokyo des avenues en rayonnement partant du centre mais peu de chemins périphériques les reliant. Il s’agirait là encore d’une organisation urbaine visant à ralentir les mouvements de troupes ennemis en ville. Ce concept de ralentissement, qui est utilisé dans tous les châteaux forts nippons, (qui ne sont pas, à la différence des châteaux européens, coupés du reste de la ville par des douves finies et un pont levis, mais reliés par des langues de terre qui s’étendent et tournent et retournent sur plusieurs centaines de mètres, parsemés d’escaliers en pierre visant à stopper la cavalerie…) a été utilisé à une échelle plus grande pour la capitale du pays.
Plus efficace et plus économique qu’une Muraille gigantesque, les habitants servaient sans le savoir la défense du bakufu.

Alors la prochaine fois que vous arpenterez ces quartiers si pittoresques des arrondissements de Minato et de Shinjuku, essayez d’imaginer des troupes ennemis, naginata et katanas en mains, dans ce labyrinthe urbain, au milieu des cris de guerre et des ordres tonitruants, tentant de se retrouver dans ce dédale, rebroussant chemin face à un cul de sac inattendu ou à une route débouchant sur des rizières, le tout sous les tirs des archers et des mousquetaires du shogunat … Un peu comme Bagdad mais il y a 300 ans et sans GPS…

Le système ne fut malheureusement jamais testé. Edo tomba en avril 1868 face aux troupes de Saigo Takamori, sans un coup de feu… Et les troupes rebelles qui se soulevèrent 1 mois plus tard combattirent dans l’actuel parc d’Ueno, résistance de courte durée qui s’acheva en juillet.
Les villes les plus imprenables sont souvent celles qui se rendent sans combattre, car leurs assiégeants ne s’y frottent jamais sans une puissance de feu écrasante. Le paradoxe de la surpuissance.

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Quartiers tokyoites: Kichijouji

Posté par tokyomonamour le 22 octobre 2010

J’ai eu une copine qui vivait à Kichijouji autrefois. Mes visites ont été autant d’occasions de découvrir le quartier et d’en apprécier les différents aspects, seul ou accompagné…

On trouve un peu de tout autour de la gare: quartiers commerçants, un peu populaires, quartiers bobos, familiaux ou étudiants… Une « vraie » mixité sociale (pas dans le sens limité que les politiques français ont tendance à utiliser, celui du mélange pauvres/classes moyennes ou français/étrangers), source de dynamisme et de qualité de vie, dans tous les sens du terme. C’est sûrement la raison pour laquelle le quartier caracole en tête des classements de popularité à Tokyo. Entre promenade dans le parc et dans les petites rues alentours aux airs intimistes, aux grands magasins et à la night life près de la gare, il y en a pour tous les goûts. Les installations publiques ne sont pas en reste avec hôpitaux, cliniques et autres services de vie à presque tous les coins de rue et le quartier est également un foyer de sous culture mangatique et musicale.

Kichijouji se trouve à l’ouest de la métropole, dans la ville de Musashino, près des arrondissements de Setagaya et de Suginami. Pour les fans de Miyazaki, je rappelle que c’est dans la ville toute proche de Mitaka que se trouve le musée Ghibli, dont la renommée attire un paquet de touristes et de fans du monde entier.
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Kichijouji est désservie par la lchuo line de JR et la Inokashira line de Keio. Pratique et à moins de 20 minutes de Shinjuku ou de Shibuya. Toute cette zone, de Shinjuku à Hachiouji, était couverte de rizières pendant l’époque d’Edo mais après la révolution de Meiji, elle devint une zone d’implantation industrielle et militaire, avec usines, arsenaux et garnisons. Cette réserve de foncier disponible a ouvert de nouvelles possibilités de développement dont les responsables municipaux ont su habilement profiter. De village agricole à réservoir de main d’oeuvre, il devient quartier mixte, équilibré dans toutes les fonctions urbaines. La zone conserve des sites importants d’entreprises implantées le long de la chuo line: Fuji Heavy Industries, NTT… Les terrains des anciennes casernes ont été transformé en universités (Tokyo Woman’s Christian University, Musashino Art University…), les usines en grands magasins.

Le parc Inokashira, qui bénéficie d’un environnement naturel favorable puisqu’il contient l’étang-la source de la rivière (artificielle) Kanda et abrite un sanctuaire depuis l’époque de Heian (les sites naturels exceptionnels sont les dieux de prière privilégiés du shinto). Le jardin attire les foules, tant et si bien qu’un projet d’extension est en cours. Le parc devrait accroître sa superficie de 10%, de 38 à 42 hectares, d’ici 2013, restructurer son zonage et améliorer ses installations sportives et culturelles pour tenter de concurrencer le parc d’Ueno. Vaste programme qui devrait encore accroître l’attrait du quartier.

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Sanctuaire de Inokashira par Hiroshige et vue satellite du parc

Malgré tous ces avantages, la population de la ville de Musashi augmente moins vite que celles des autres villes de la région (en 2009, la population de Mitaka augmente de 2,9%, celle de Tachikawa de 2,3% mais celle de Musashi de 0,5% seulement). Peut-être par-ce que les trains express de la Chuo line ne s’y arrêtent pas, mais aussi et surtout, par ce que les prix immobiliers y sont plus élevés du fait de l’offre de logement relativement faible et de la popularité du quartier.

Combien? Me demanderez-vous… Pas si cher que ça ma petite dame. Comptez 41 millions de yens en moyenne pour un appartement familial (80 m2) dans de l’ancien, soit du 500 000 yens le m2 à peu près. Loyer de base pour le même logement à 190 000 yens par mois. (source: Tokyo no doko ni sumu no ga shiawase ka? , pub. en 2008, de Yamazaki Takshi). Plus 20% si vous achetez dans du neuf. Plus 20% si c’est près du parc… Le prix du succès.

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Campus de Komaba, Université de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 17 octobre 2010

En 1873, le nouveau gouvernement de Meiji décide d’importer les technologies agricoles de l’occident et programme la création de rizières expérimentales sur le site de Komaba. Actuellement situées sur la ligne Inokashira à 2 stations de Shibuya, on peut encore voir ces rizières expérimentales, toujours en activité, désormais situées dans le parc de Komabano le long de la voie ferrée.

L’année suivante, un laboratoire d’agronomie est crée et en 1878 l’école d’agronomie de Komaba voit le jour. En 1890 celle-ci est intégrée à l’université impériale (teikoku daigaku). En 1935, la faculté d’agriculture déménage un peu plus loin, dans la ville de Fuchu où elle se trouve encore, et laisse la place à un lycée supérieur (kyuseidaiichi koto gakko) d’élite doté d’un système d’internat à l’anglaise intégré dans la filière de l’université impériale depuis 1894. En 1949, le lycée disparaît et s’intègre à l’université. Le portail d’entrée du Campus, datant de 1938, porte encore le blason de l’école. Le contraste pierre/bois et verdure en fond est assez classe, il faut le reconnaître.
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Après guerre, en 1947, l’université perd un adjectif et devient simplement Université de Tokyo. Même si elle n’est plus impériale, occupation américaine oblige, Todai continue d’être la première université nippone, formant la plupart des élites politiques et économiques du pays. Le Campus de Komaba accueille désormais la faculté des sciences, la faculté d’enseignement général et le centre de recherche aérospatiale. Très vaste, plutôt joli avec ses bâtiments de style néogothiques classés au patrimoine et ses espaces verts relaxants, plus jeune j’aurais bien aimé y étudier… Mais à l’époque, je m’étais bêtement fait recaler aux examens de sélection. Nobody’s perfect.

Alors aujourd’hui, c’était un peu la revanche. Des centaines de candidats répartis dans les différentes annexes, des vieux en costard faisant des révisions de dernières minute sous les arbres, des jeunes filles en mini-jupe et talons hauts tapotant sur leur portable, des types en tongues, des retraités en vadrouille… Un spectacle reflétant parfaitement l’hétérogénéité du public intéressé par le secteur de l’immobilier. Une fois assis, le téléphone portable scellé dans une enveloppe kraft et les sujets sur la table, il restait juste à se souvenir de ces quelques centaines de pages de règlements de droit et d’urbanisme. La forme de l’examen, en QCM, aide quand même… 2 heures de grattage de papier plus tard, je retrouvais la lumière du jour. Le temps d’enfourner un big mac et de passer à la civette de Shibuya où j’ai mes habitudes pour faire le plein de D4, je me retrouvais sur les bancs de ma juku, à assister en live avec mes camarades de classe, à la correction vidéo du test.

Bilan des courses: 46 réponses correctes sur 50. Le seuil de réussite se trouvant probablement autour de 37, et même si tout ça reste provisoire puisque les résultats définitifs ne seront communiqués qu’en décembre, je devrais normalement recevoir mes collants jaunes et ma cape de super agent immobilier dans un très proche avenir!!!

Well, well, well… Ne reste donc plus qu’à réfléchir un peu à quoi je vais utiliser ces nouveaux super pouvoirs…

Publié dans Immobilier au Japon, Personnel | 8 Commentaires »

De l’utilisation du patrimoine

Posté par tokyomonamour le 8 octobre 2010

Le château de Himeji est incontestablement le plus beau château du Japon. Authentique, élégant, imposant et accessible en Shinkansen, il cumule tous les avantages du site touristique de premier ordre protégé par la loi sur la protection du patrimoine qui couvre le château et ses annexes, classant les différents bâtiments en degrés d’importance: Trésors nationaux (Koku ho), Patrimoine matériel important (Juyobunkazai) et Sites spéciaux (Tokubetsu shiseki). Le château est actuellement rénovation jusqu’en 2014: « coup de peinture », changement des tuiles et renforcement de la structure parasismique. J’espère donc que vous avez profité de la vue avant ou que vous n’êtes pas pressés.

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Impressionnant, non ?

Même si des efforts ont été fait depuis une vingtaine d’année, la prise de conscience de l’importance du patrimoine se combinant avec la fin de la période de forte croissance, les collectivités japonaise mettent rarement en place une politique d’utilisation dynamique de leur patrimoine. La France, pour une fois, est un modèle et le château de Versailles, tour à tour site touristique (ouvert au public toute l’année), site politique (siège du congrès du parlement français), site d’art moderne (avec pour exemple la récente exposition, tant décriée, de Murakami Takashi…) est une réussite exemplaire dans le genre.
Il y a bien de temps en temps, des expositions modernes dans des temples ou des concerts dans des sanctuaires, les châteaux et jardins sont souvent utilisés comme cadre de films mais tout reste encore au micro niveau… Certes, l’architecture en bois ne favorise pas nécessairement les aménagements du confort moderne, mais imaginez un peu le premier ministre japonais adressant la diète dans l’une des salles du château du Héron blanc! Quelle classe ça aurait!

De la même façon, la plupart des sites enregistrés au patrimoine japonais ne peuvent être utilisés pour des conventions internationales ou des séminaires d’entreprise, ce qui se fait couramment en France dans les nombreux châteaux parsemant le territoire. Il existe néanmoins un système relativement récent de « patrimoine enregistré » (Toroku bunkazai) datant de 1996 permettant aux individus possesseurs de bâtiments à forte valeur patrimonial de les enregistrer auprès de l’Agence de la culture et de recevoir des subventions et des conseils pour réhabiliter leur bien. Ces bâtiments, pour majorité des habitations, des fermettes de campagne (noka) ou des maisons de villes traditionnelles (machiya), peuvent être utilisés librement et transformés en boutiques ou en bureaux si l’on respecte quelques règles de conservation. Le système se répand peu à peu (7800 dossiers en 2010) et devrait poursuivre son extension dans les prochaines années…

La récente sensibilisation des japonais envers leur patrimoine pourrait avoir un impact positif sur les paysages urbains et ruraux et, peut-être aussi, représenter un futur marché immobilier intéressant à explorer.

Publié dans Urbanisme et architecture | 5 Commentaires »

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