• Accueil
  • > Recherche : patrimoine tokyo

Résultats de votre recherche

Hikone: Désurbanisation organisée, niveau 3

Posté par tokyomonamour le 1 novembre 2010

Je suis allé à  Hikone ce WE, dans le département de Shiga, sur le lac Biwa. C’est une ville que je suis depuis déjà 4 ans et dans laquelle je me rends une fois tous les trois mois environ. Moitié plaisir, moitié boulot. Dotée d’un château classé trésor national (ils ne sont que 4 au Japon: Himeji, Inuyama, Matsumoto et Hikone) qui attire les foules, d’une bonne position géograhique à  une station de la gare shinkansen de Maibara, entre Nagoya et Kyoto, et de plusieurs entreprises spécialisées dans la niche des valves industrielles, la ville a des atouts indéniables. La population plafonne à 111 000 depuis 2006 et la ville fait face comme partout ailleurs au vieillissement de ses habitants.

shigahikone.gif
Le département a une forme très originale, joliment lové autour du lac Biwa

Afin de limiter la casse, la municipalité a signé en 2009 une convention avec le ministère des affaires intérieures pour encourager la « création d’une zone de peuplement autonome durable » (teiju jiritsuken koso). Une initiative lancée en 2008 par l’Etat pour tenter de stopper l’hémorragie dans les provinces et qui consiste à  fixer une ville centre et à  y regrouper toutes les fonctions nécessaires de vie pour les villages alentours, en créant des transports adéquats pour les personnes âgées et des hôpitaux afin d’éviter que celles-ci fuient vers les villes, mieux équipées en équipements de soins.

Malgré tout ça, la ville a un bon niveau 3 sur mon échelle de décadence. Des vieux partout (c’est normal, on veut qu’ils restent aussi…), des pancartes à  louer tous les 50 m., des terrains vides près de la gare et l’immense tour de 16 étages (pour la région, c’est énorme) en face de la rue principale sur laquelle pendouille le drapeau « model room », appartements disponibles, depuis 3 ans… Les prix restent dans la moyenne des villes de province, équivalents à  Okayama: des studios dispo à  partir de 30 000 par mois (et des 4 pièces dans du quasi neuf près de la gare à  98 000 yens), des maisons anciennes de qualité dispo près de la gare à  partir de 14 000 000 yens, des terrains de 150 m2 constructible à partir de 6 000 000 yens.

Hikone fait partie de la région du Kansai, le berceau du Japon, le fameux Yamato. Dans ces régions historiques, on trouve souvent un réseau de petites villes à  forte personnalité qui survivent à  travers le temps, un peu comme dans notre sud-ouest (Carcassonne, Narbonne, Béziers…). Le maillage de temples, très dense (La ville est aussi connue pour son industrie de fabrication d’autels bouddhiques… Quand on sait combien coûtent les funérailles, on comprend que ça puisse aussi aider à  gérer les fins de mois difficiles), contribue à renforcer les liens communautaires: une des raisons pour laquelle je n’ai sans doute aperçu aucune ruine durant ma ballade. Les terrains vagues sont clairement délimités, nettoyés, les herbes folles taillées. Ces liens communautaires anciens font que les enfants ont plus tendance qu’ailleurs à  rester ou à  revenir par la suite. L’attachement aux racines régionales limite la désurbanisation sauvage et on trouve même des nouveaux lotissements à une dizaine de minutes à pied de la gare ou vers Minami Hikone. La ville procède donc à  une véritable restructuration urbaine: les quartiers autour du château sont classifiés au patrimoine (zone de paysage urbain préservé) et des lotissements créées un peu plus loin pour accueillir les familles qui reviennent ou décident de s’installer.

Hikone, et dans l’ensemble, la région du Kansai, me semble plus apte à  gérer l’immense crise démographique qui s’annonce. Son histoire, sa géographie, ses ressources touristiques potentielles lui laissent quelques armes pour lutter. Non pas que je pense que la guerre contre la dépopulation en province puisse être gagnée en l’état actuel des choses! Non, il n’y a pas de victoire possible avant deux ou trois générations… Mais l’important, c’est de ne pas perdre.

Publié dans Immobilier au Japon | Pas de Commentaires »

Versailles à Tokyo

Posté par tokyomonamour le 19 octobre 2010

Comment ai-je pu vivre 8 ans dans la capitale et passer à côté de ce monument?

geihinnkann.jpggeihinkan.jpg

Le Geihinkan, ou pavillon de réception, appelé aussi palais d’Akasaka, c’est un mini Versailles en plein coeur de Tokyo. Un palais de 15 000 m2 dans un jardin de plus de 11 hectares à quelques minutes à peine de la station Yotsuya, dans l’arrondissement de Minato. Le palais de style néo baroque, prenant explicitement Versailles et le palais du Louvre comme référence, a été conçu par l’architecte japonais Katayama Tokuma qui fut l’élève de l’architecte anglais Josiah Conder (qui enseigna l’architecture à l’université impériale dès 1877 et construisit les premiers bâtiments occidentaux au Japon). Lancés en 1899 sur le site d’une résidence d’une branche de la famille des Tokugawa, les travaux durèrent plus de 10 ans. Le palais avait originellement été conçu pour servir de résidence au Prince de la maison impériale, fonction qu’il conserva jusqu’à la fin de la guerre. Après la défaite, la propriété du palais et du jardin passe de la Maison impériale à l’Etat. Le bâtiment porte d’ailleurs les deux blasons, celui de la Maison impériale et celui de l’Etat japonais (que l’on retrouve aussi sur les visas et les alien registration card). Le bâtiment est alors convertit en bibliothèque, il servit aussi d’annexe de ministères et de siège de la cour d’appel. Il fut finalement transformé en hôtel de réception pour hôtes étrangers en 1974, après 7 ans de travaux de rénovation.

Le palais a encore été rénové en 2006, notamment pour des travaux de renforcement parasismiques (les fondations et les murs sont été renforcé par une structure en acier) et a été classé au patrimoine en tant que trésor national en 2009 pour fêter son centième anniversaire. Le palais étant utilisé à des fins officielles, il est fermé au public toute l’année mais la semaine dernière, le jardin était ouvert aux gens du peuples du 14 au 16 octobre… L’occasion faisant le larron, je n’ai pas hésité à pénétrer dans le sacro-saint de la diplomatie nippone… Enfin, le chemin y conduisant du moins, encadré de part et d’autre par des gardes (d’une société privée, ce qui est surprenant) ne permettant pas qu’on foule le gazon… He, he, ça me rappelle une émission télé où des journalistes étaient autorisés à filmer l’intérieur du bâtiment: on leur avait fait enfiler des chaussons pour ne pas qu’ils salissent les parquais « d’époque »! Est-ce que Kan demandera à Barrack d’enlever ses pompes avant de rentrer? Ha! Je vous jure, au niveau hygiène, les japonais ne savent pas s’arrêter…

geihinarmure.jpgmonimperial1.jpg

La façade du palais en elle-même n’est pas extraordinaire, surtout quand on connait les originaux, mais les petits détails de mélange des genres sont assez surprenant: Les armures ornant le toit de l’entrée par exemple. Sur le modèle occidental, on y voit bien les drapeaux en éventail derrière mais c’est un appareillage médiéval de bushi qui trône au milieu. De même, les blasons qui ornent le portail et les entrées représentant le chrysanthème impérial. Du plus pur WA/YO secchu style…

Publié dans Urbanisme et architecture | Pas de Commentaires »

Campus de Komaba, Université de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 17 octobre 2010

En 1873, le nouveau gouvernement de Meiji décide d’importer les technologies agricoles de l’occident et programme la création de rizières expérimentales sur le site de Komaba. Actuellement situées sur la ligne Inokashira à 2 stations de Shibuya, on peut encore voir ces rizières expérimentales, toujours en activité, désormais situées dans le parc de Komabano le long de la voie ferrée.

L’année suivante, un laboratoire d’agronomie est crée et en 1878 l’école d’agronomie de Komaba voit le jour. En 1890 celle-ci est intégrée à l’université impériale (teikoku daigaku). En 1935, la faculté d’agriculture déménage un peu plus loin, dans la ville de Fuchu où elle se trouve encore, et laisse la place à un lycée supérieur (kyuseidaiichi koto gakko) d’élite doté d’un système d’internat à l’anglaise intégré dans la filière de l’université impériale depuis 1894. En 1949, le lycée disparaît et s’intègre à l’université. Le portail d’entrée du Campus, datant de 1938, porte encore le blason de l’école. Le contraste pierre/bois et verdure en fond est assez classe, il faut le reconnaître.
portail.jpgmonseimon.jpg

Après guerre, en 1947, l’université perd un adjectif et devient simplement Université de Tokyo. Même si elle n’est plus impériale, occupation américaine oblige, Todai continue d’être la première université nippone, formant la plupart des élites politiques et économiques du pays. Le Campus de Komaba accueille désormais la faculté des sciences, la faculté d’enseignement général et le centre de recherche aérospatiale. Très vaste, plutôt joli avec ses bâtiments de style néogothiques classés au patrimoine et ses espaces verts relaxants, plus jeune j’aurais bien aimé y étudier… Mais à l’époque, je m’étais bêtement fait recaler aux examens de sélection. Nobody’s perfect.

Alors aujourd’hui, c’était un peu la revanche. Des centaines de candidats répartis dans les différentes annexes, des vieux en costard faisant des révisions de dernières minute sous les arbres, des jeunes filles en mini-jupe et talons hauts tapotant sur leur portable, des types en tongues, des retraités en vadrouille… Un spectacle reflétant parfaitement l’hétérogénéité du public intéressé par le secteur de l’immobilier. Une fois assis, le téléphone portable scellé dans une enveloppe kraft et les sujets sur la table, il restait juste à se souvenir de ces quelques centaines de pages de règlements de droit et d’urbanisme. La forme de l’examen, en QCM, aide quand même… 2 heures de grattage de papier plus tard, je retrouvais la lumière du jour. Le temps d’enfourner un big mac et de passer à la civette de Shibuya où j’ai mes habitudes pour faire le plein de D4, je me retrouvais sur les bancs de ma juku, à assister en live avec mes camarades de classe, à la correction vidéo du test.

Bilan des courses: 46 réponses correctes sur 50. Le seuil de réussite se trouvant probablement autour de 37, et même si tout ça reste provisoire puisque les résultats définitifs ne seront communiqués qu’en décembre, je devrais normalement recevoir mes collants jaunes et ma cape de super agent immobilier dans un très proche avenir!!!

Well, well, well… Ne reste donc plus qu’à réfléchir un peu à quoi je vais utiliser ces nouveaux super pouvoirs…

Publié dans Immobilier au Japon, Personnel | 8 Commentaires »

De l’utilisation du patrimoine

Posté par tokyomonamour le 8 octobre 2010

Le château de Himeji est incontestablement le plus beau château du Japon. Authentique, élégant, imposant et accessible en Shinkansen, il cumule tous les avantages du site touristique de premier ordre protégé par la loi sur la protection du patrimoine qui couvre le château et ses annexes, classant les différents bâtiments en degrés d’importance: Trésors nationaux (Koku ho), Patrimoine matériel important (Juyobunkazai) et Sites spéciaux (Tokubetsu shiseki). Le château est actuellement rénovation jusqu’en 2014: « coup de peinture », changement des tuiles et renforcement de la structure parasismique. J’espère donc que vous avez profité de la vue avant ou que vous n’êtes pas pressés.

himeji.jpg20100401.jpghimeji1.jpgp1040417e7d38.jpg
Impressionnant, non ?

Même si des efforts ont été fait depuis une vingtaine d’année, la prise de conscience de l’importance du patrimoine se combinant avec la fin de la période de forte croissance, les collectivités japonaise mettent rarement en place une politique d’utilisation dynamique de leur patrimoine. La France, pour une fois, est un modèle et le château de Versailles, tour à tour site touristique (ouvert au public toute l’année), site politique (siège du congrès du parlement français), site d’art moderne (avec pour exemple la récente exposition, tant décriée, de Murakami Takashi…) est une réussite exemplaire dans le genre.
Il y a bien de temps en temps, des expositions modernes dans des temples ou des concerts dans des sanctuaires, les châteaux et jardins sont souvent utilisés comme cadre de films mais tout reste encore au micro niveau… Certes, l’architecture en bois ne favorise pas nécessairement les aménagements du confort moderne, mais imaginez un peu le premier ministre japonais adressant la diète dans l’une des salles du château du Héron blanc! Quelle classe ça aurait!

De la même façon, la plupart des sites enregistrés au patrimoine japonais ne peuvent être utilisés pour des conventions internationales ou des séminaires d’entreprise, ce qui se fait couramment en France dans les nombreux châteaux parsemant le territoire. Il existe néanmoins un système relativement récent de « patrimoine enregistré » (Toroku bunkazai) datant de 1996 permettant aux individus possesseurs de bâtiments à forte valeur patrimonial de les enregistrer auprès de l’Agence de la culture et de recevoir des subventions et des conseils pour réhabiliter leur bien. Ces bâtiments, pour majorité des habitations, des fermettes de campagne (noka) ou des maisons de villes traditionnelles (machiya), peuvent être utilisés librement et transformés en boutiques ou en bureaux si l’on respecte quelques règles de conservation. Le système se répand peu à peu (7800 dossiers en 2010) et devrait poursuivre son extension dans les prochaines années…

La récente sensibilisation des japonais envers leur patrimoine pourrait avoir un impact positif sur les paysages urbains et ruraux et, peut-être aussi, représenter un futur marché immobilier intéressant à explorer.

Publié dans Urbanisme et architecture | 5 Commentaires »

Le patrimoine des japonais

Posté par tokyomonamour le 30 septembre 2010

L’assureur allemand Allianz vient de publier une étude concernant le patrimoine financier (hors immobilier) des habitants d’un vaste panel de pays.
Suisses en tête avec 163 000 euros, les japonais sont loin derrière en 5ème position à 88 000 et les français en 12ème position à 61 000. Naturellement méfiant, je doutais de ces chiffres balancés sur le Web sans aucune analyses sérieuses.

Néanmoins, après confirmation sur le site de l’agence des statistiques, le chiffre reste plausible puisque l’on a, pour 2009, un patrimoine financier moyen (toujours hors immo) à 16 millions de yens (160 000 euros), et médian à 9,8 millions. Depuis 2005, où on avait des stats à 17, 2 millions (10,2 millions en médian), la baisse est constante. Certes, c’est en baisse mais ça reste pas trop mal me direz vous? En fait non. Pas si on regarde cet autre graphique qui représente la répartition du patrimoine selon l’âge:

graphpatrimoine2.gif
En gris, les plus de 70 ans, en bleu les plus de 60 qui représentent près de 60% de l’ensemble de l’épargne japonaise.

graphpatrimoine.gif
Le bilan des ménages par tranche d’âge

Source: Garbage news, tiré d’une étude de Nomura research.

Eh oui, plus de 60% de l’épargne entre les mains des plus de 60 ans… Et l’épargne des ménages actifs est d’environ 20% inférieure à celle des ménages totaux, cad, comprenant les retraités. Ici, les chiffres ne parlent que des actifs financiers mais vous imaginez facilement que les actifs immobiliers sont eux-aussi, principalement détenus pas les baby boomers.

Les vieux de la génération Baby boom sont encore dans un système de promotion à l’ancienneté et sont donc les seuls à bénéficier d’augmentations de salaires encore plus ou moins régulières alors que les jeunes freeters, très nombreux depuis la fin des années 90 (35% de la population active), eux, n’ont aucun avancement bien entendu. La richesse se concentre donc dans une population vieillissante, de plus en plus nombreuse certes, mais dont la possession de richesse est complètement déséquilibrée par rapport à la population totale. De plus en plus de biens et de services sont donc développés en ciblant les vrais détenteurs de liquidités: les vieux.

Comment cette situation va se répercuter au niveau politique, ça, c’est un vrai sujet. Un vieux, c’est moins innovant, moins tourné vers l’avenir et donc, plus conservateur. Va t-on sacrifier le système éducatif au profit du système de retraite? Va-t-on orienter les programmes de R&D vers les prestations « grises » (la robotique se développe déjà dans ce sens)? Va-t-on voir un mouvement de rejet des étrangers plus accentué? Un nouveau sakoku social?
Des questions qui touchent toutes les sociétés « dites » industrialisées dont la France bien sûr qui, même en se vantant du taux de fécondité le plus élevé d’Europe, est de la même façon envahit par des vieillards accaparateurs de richesse.

(dépit) Une seule solution… La mise en place d’un date de péremption sur les vieux…

Publié dans Société | 5 Commentaires »

12
 

Les anniversaires des stars |
FRANCESCA esprit Channeling |
Sénégal Junior Intelligence |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Anglais pour non-spécialist...
| bobs3
| Hôtel le Renaissance