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Immobilier et perception culturelle

Posté par tokyomonamour le 22 juillet 2010

L’immobilier… L’immobilier ! Que n’entend-on pas sur le sujet ?! La pierre chez les français, la brique chez les belges, le real estate chez les yankees préférant les expressions claires aux métaphores erronées (le béton étant désormais bien plus représentatif de l’immobilier que le granit ou la terre cuite…), tout y passe. Tant au niveau de l’immobilier comme bien d’investissement ou de consommation, que comme valeur sociale ou artistique lorsqu’on le mêle à l’architecture… Les rapports entre hommes et « immeubles » sont révélateurs de toutes les valeurs culturelles d’une société et de la philosophie de vie d’un individu.

Outre les clichés classiques du propriétaire, sédentaire, familial, respectant l’ordre et la communauté, et du locataire, nomade, individuel, ne s’intégrant pas vraiment là où il vit (je mets de côté ceux qui n’ont pas le choix financier, dans un sens comme dans l’autre), on trouve un tas de révélateurs culturels dans l’approche générale face à l’immobilier, et au logement en particulier.

Je commence ici une petite série d’articles sur l’immobilier et le logement au Japon en commençant par la plus grosse différence culturelle entre français (mais aussi européens de façon générale) et japonais sur ce point, à savoir:

La perception de la durée de vie du bâti.

En France, l’immobilier est un bien durable. Durée de vie envisagée : plusieurs siècles. Pas de durée de vie légale. Pas de destruction volontaire sauf en cas d’extrême nécessité (« Ha merde, on a construit en zone inondable ! » ou bien, « Ces cités de 10 000 unités d’habitations sans commerces ni espaces verts, c’était pas une très bonne idée en fait… »).
Au Japon, l’immobilier est un bien de consommation. La durée de vie légale envisagée sur laquelle se base le taux d’amortissement fiscal est de 25 ans pour un immeuble en bois, 38 ans pour un immeuble en briques ou pierres, entre 19 et 34 ans pour une structure métallique et 47 ans pour un immeuble en béton. Du coup, que font de nombreux propriétaires d’immeubles japonais ? Ils détruisent l’immeuble en place une fois sa durée de vie légale terminée et en reconstruisent un autre derrière pour bénéficier de réductions d’impôts et de la possession d’un bien neuf.

La construction immobilière au Japon suit, de manière générale même si les choses changent doucement (ça coute cher de faire reconstruire une fois par génération et le Japon est en train de se paupériser) des cycles courts de destruction et de reconstruction, tant au niveau des bâtiments commerciaux que des bâtiments d’habitation. Plusieurs raisons culturelles et économiques à cela : La plus importante tour d’abord, celle de qui tout découle, la géographie.

3 facteurs jouent de tout leur poids:

Matériaux traditionnellement disponible au japon pour la construction : le bois (putrescible et sensible aux incendies)
Conditions climatiques : été très humides, hivers très froids (le bois se prend des chocs thermiques de grosse amplitude tous les ans)
Désastres naturels : tremblements de terre, inondations, tsunamis (chaque génération connait au moins une catastrophe nationale)

La combinaison de ces facteurs géographiques n’encouragent pas, vous l’aurez compris, la durabilité du bâti.
A cela s’ajoute des facteurs religieux et culturels, le Shinto est un shamanisme primitif encourageant les cycles et la pureté sans cesse renouvelée (le sanctuaire d’Ise, le plus important au Japon puisqu’il est censée abritée la maman divine de l’actuel empereur, Mme Amaterasu Omikami, est ainsi détruit et reconstruit tous les 20 ans), et des facteurs économiques plus récents : soutenir le secteur du bâtiment et de la construction, l’un des plus important du pays par la mise en place de seuils fiscaux de durée de vie notamment.

Cette différence de perception de la durée de vie envisagée d’un bâtiment est source de nombreuses incompréhensions. Le bâtiment étant un bien de consommation, comme une voiture, il perd de la valeur avec le temps. Seul le foncier garde sa véritable valeur. Il peut donc arriver qu’un terrain sur lequel se trouve une bâtisse vieille de 50 ans, encore habitable mais sûrement pas aux critères actuels, ait moins de valeur qu’un terrain nu, puisqu’il faudra détruire la bâtisse pour pouvoir en construire une autre et que cela engendrera des frais ! Le bâtiment peut donc clairement être un fardeau par rapport au foncier… Un retournement de pensée assez surprenant non ?

« La pierre, c’est du solide ! »… Mouais… Peut-être sur les terres de France, mais surement pas de ce côté-ci du monde.

Publié dans Immobilier au Japon | 2 Commentaires »

Temps partiel et conservatisme social

Posté par tokyomonamour le 21 juillet 2010

Well, well, well…

Après négociations et discussions assez franches avec ma patronne (japonaise je le rappelle) sur l’ambiance dans la boite, la situation de trésorerie et mes envies de nouveaux horizons (l’architecture et l’urbanisme ! J’y reviendrai prochainement…), j’ai obtenu un passage à mi-temps à partir du mois prochain. Un 20 heures par semaine qui devrait me laisser le temps de… prendre mon temps notamment, mais aussi de reprendre des études et de redécouvrir un peu le monde.

J’annonce la nouvelle à ma femme quelques jours plus tard et elle prend la chose avec un sourire un peu forcé, certes, mais soutenant clairement mon choix au vu du récent stress professionnel auquel je réagissais de moins en moins bien, ce qui se répercutait bien évidemment sur notre vie de couple… Barre à tribord toute voile dehors ! Me dis-je alors…

Mais voilà que le week end dernier, alors que nous planifions notre voyage chez ses parents pour la fête traditionnelle du Obon (La Toussaint locale), elle me demande, un peu gênée, de ne pas parler de mon passage à temps partiel à ses parents. Raison : elle ne veut pas les inquiéter… Forcement, je le prends mal, genre, « t’as honte de ce que je fais, t’as honte de moi, pourquoi tu n’assumes pas ce que je suis, mes choix et mon style de vie ? »… J’avoue avoir été un peu insistant alors qu’elle ne pensait sûrement qu’à ménager sa maman un poil conservatrice, déjà passablement inquiète par le fait de voir sa fille se marier à un français risquant de l’emmener à l’autre bout du monde dans un futur proche. Mais que voulez-vous ? J’ai l’égo un peu sensible…

Tout ça pour dire que l’importance de la position professionnelle de l’individu dans la société nippone est sans commune mesure plus importante que chez nous, tant au niveau de la famille, comme je l’ai expérimenté, qu’au niveau des médias. Par exemple, de récentes inondations ont récemment fait 9 morts dans l’ouest du pays. La présentation des victimes commencent toujours par le métier de celle-ci. Kaisha-in no … M. Yamada, salarié en entreprise, décédé lors de l’inondation… Cette importance du métier dans la vie sociale était également prépondérante en France avant l’effondrement du plein emploi, dans les années 70, et l’est encore bien sûr dans de nombreux secteurs de la société, mais il a été considérablement tempéré par une population de chômeurs maintenue à plus 10% (de fait, 20% ou plus je suppose…) pendant maintenant près de 30 ans, soit une génération et demie déjà ! Les enfants de la crise ont appris, par la force des choses, à modérer les valeurs conservatrices, le travail, la famille, la patrie (qui sont de fait avec quelques variantes, les valeurs de base de tout pays en plein essor). Le Japon prend, pour le meilleur et pour le pire, le chemin de la France et des autres pays industrialisés : celui de la décadence, ce qui est inévitable. Toute chose atteignant un sommet doit en descendre à un moment ou à un autre. La décadence économique engendre une décadence des valeurs sociales et/ou morales : augmentation des divorces, de la criminalité etc.

Cependant, le Japon a su retarder son point de chute qui se situe dans son cas, dans les années 90, avec l’éclatement de la bulle immobilière. Coexistent donc diverses tendances opposées fortes : le conservatisme traditionnel, toujours prédominant mais de plus en plus faible et les modes de vie alternatifs, dont certains sont proches de ceux que l’on trouve en France, d’autres propres à la culture nippone. La situation actuelle est en fait assez proche de la France de la fin des années 70 et du début des années 80, sans les mouvements politiques ou idéalistes procommunistes (la jeunesse nippone n’est pas engagée).

Etant moi-même un enfant de la crise ayant appris à relativiser les valeurs sociales établies, je souhaite encourager ma femme à comprendre et à adopter ces visions alternatives du monde… Ce qui revient également à encourager indirectement la décadence économique et sociale du pays… Ce qui est bon pour l’individu ne l’est pas nécessairement pour le pays. L’inverse est également vrai. Mais bon, quitte à choisir…

Publié dans Société | Pas de Commentaires »

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