Japoninfos.com

Posté par tokyomonamour le 29 octobre 2010

J’ai commencé à publier des articles sur l’immobilier au Japon sur le site Japoninfos.com dans la rubrique en direct du Japon, sous les catégories Urbanisme et Immobilier.
J’y publierai probablement un article original par semaine, selon mes disponibilités.

Publié dans Immobilier au Japon | Pas de Commentaire »

Cabaret

Posté par tokyomonamour le 27 octobre 2010

J’ai toujours pensé qu’il y avait deux critères objectifs permettant d’évaluer mon véritable niveau de japonais. L’humour et l’alcool.

Humour
Comprendre les manzai, rakugo et autres humouristes populaires des émissions télé. C’est l’un des meilleurs standards d’évaluation de votre niveau de compréhension linguistique et culturel. J’ai personnellement passé la plupart des obstacles du « rire » il y a environ 2 ans et suis maintenant capable de comprendre pourquoi tout le monde rigole bêtement autour de moi devant Matsumoto et consorts (même si ça ne me fait pas toujours rire moi-même).

Alcool
Simple et facile à appréhender: suivre une conversation en japonais dans un izakaya bondé avec 3 bières dans le buffet. Objectif atteint il y a environ 3 ans.

Alors hier soir, pour ce RDV à Ginza avec un un professionnel de l’immobilier rencontré sur les bancs de ma juku, j’étais confiant, au moins en ce qui concernait l’aspect communication. Big mistake… Il faut toujours confronter ses critères d’auto-évaluation à de nouvelles situations, cela évite de s’endormir sur ses lauriers et de prendre l’air blasé du baroudeur expat complètement con.

Le Kyabakura (contraction du français cabaret et de l’anglais club) est une sorte de bar à hôtesses de luxe. Nés pendant la bulle-époque à Ginza, puisant dans la tradition des ryotei et des maisons de plaisirs d’Edo, ils se sont peu à peu répandus dans les autres quartiers chics de Tokyo pour pénétrer les banlieues dans les années 2000. Bouteilles réservées, une hôtesse par client, un service irréprochable (même selon les critères japonais!) et des factures qui montent vite à 200 000 ou 300 000 yens pour quelques heures. J’en avais entendu parlé, quelques collègues m’avaient demandé à 2 ou 3 reprises de les accompagner, mais dépenser un mois de salaire juste pour quelques verres et une discussion avec une jolie fille ne m’a jamais vraiment botté.

Hier soir par contre, j’étais invité alors… Ginza 5 chome, pas loin du Sony Building, un bar en sous sol, une mama francophile et 3 hôtesses de charme, plutôt une bonne ambiance. Idéal pour découvrir ses limites… Au cinquième verre de Macallan, gracieusement rempli au quart de tour par les jolies jeunes filles papillonant dans la pénombre, j’ai commencé à avoir du mal à suivre les blagues très 80′ des participants (moyenne d’âge à 50 ans), puis on a lancé le karaoke à 60 dcb et là, entre les conversations de business à 8 zéros (ou plus, je sais plus trop), les chansons torturées par mes voisins et les oeillades aguicheuses de Kikuyo (oui, gentille comme tout, elle m’a donné sa carte), j’ai décroché…

Une fois mes limites linguistiques atteintes, ce sont mes limites culturelles qui ont été testées: malheureusement pour moi, je ne connais aucune des chansons traditionnelles mièvres et nasillardes japonaises d’après guerre, alors quand le micro est arrivé sur mes genoux, j’ai honteusement passé mon tour. Ne vous méprenez pas! Le Karaoke en lui-même est une épreuve surmontée depuis longtemps, c’est la nature de mon entourage qui m’a laissé sur le carreau… Chikusho !!! Je savais bien que j’aurais du apprendre le golf et le récital des 70′ dans le cas où j’aurais eu l’occasion de fréquenter les milieux d’affaires bling bling tokyoites. Gouverner c’est prévoir… Ce WE, je m’y mets.

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Les voitures brûlent aussi au Japon

Posté par tokyomonamour le 27 octobre 2010

Moi, français, je revendique la paternité de l’invention! Les voitures qui flambent par centaines à l’occasion d’émeutes urbaines catharsistiques, c’est une tradition française bien établie! Et ce, depuis… longtemps, mais officiellement reconnue dans le monde entier depuis 2005 au moins. He bien figurez-vous qu’au Japon aussi, les bagnoles brulent. Qui l’eut cru?! Sûrement pas moi. Dans un pays ou une bagnole ayant eu les pneus dégonflés fait la une des locales à Tokyo (véridique), des incendies volontaires de véhicules, c’est impensable.

Et poutant, le 22 octobre dernier à Fukui, une ville de province sur la Mer du Japon, une voiture à été mise à feu devant une mosquée fréquentée par des pakistanais avec l’incription suivante: Gaijin, Get out

Si vous voulez mon avis, ça pue un peu ça. D’autant plus que la nouvelle n’a vraiment pas été reprise par les médias (Asahi et Japan Today, un filet dans le Japan Times)… La montée des immigrés au Japon commence à créer des réactions de violence de la part de certains autochtones, qui se sentent lésés, incompris et abandonnés par les autorités impuissantes face à la décadence déflationniste du pays qui dure depuis 20 ans.

Oui à la préférence nationale mais non au racisme primaire! Il faudra que j’en touche un mot à Kan lors de notre prochain verre ensemble.

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Neuf/Ancien: Perte de valeur

Posté par tokyomonamour le 26 octobre 2010

Une édition spéciale du magazine Diamond consacré à l’immobilier ancien est sortie le 16 octobre dernier. Même s’il s’agit pour une bonne moitié de propagande immo visant à convaincre ceux qui n’ont pas assez de fonds pour acheter du neuf de se reporter sur l’ancien, sous l’oeil bienveillant des sponsors publicitaires of course, il y a quand même quelques infos intéressantes comme ce graphique présentant la perte de valeur entre neuf et ancien de plusieurs immeubles d’habitation à Tokyo après une dizaine d’années (les flèches oranges: à gauche prix d’achat neuf, à droite prix de vente désiré dans 3 cas). Entre 10 et 50% de perte en fonction des cas, en incluant une marge de négociation puisqu’il s’agit du prix affiché et non réellement négocié. Facteurs culturels et géographiques obligent, le bâti perd inévitablement de la valeur avec le temps.

diamondgraphmansion.jpg

Moralité: n’achetez jamais un appartement neuf au Japon. Sauf, bien sûr, si vous êtes suffisamment riche pour vous foutre complètement du prix de revente…

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Edo: un urbanisme de guérilla

Posté par tokyomonamour le 25 octobre 2010

Ando Tadao est l’architecte de la guérilla urbaine. C’est pas moi qui le dit, c’est lui. Il aime considérer la ville comme un champ de bataille, un espace hostile dans lequel l’homme doit se battre pour survivre et ce, au moyen de l’architecture… De la part d’un ancien boxeur professionnel autodidacte (la bio de Tadao est assez extraordinaire), ça ne m’étonne pas.

Mais ce n’est pas d’architecture dont nous parlons ici, mais de défense urbaine. Edo, l’ancien nom de Tokyo, a été fondé par Tokugawa Ieyasu à la fin du 16ème siècle. Le palais et le parc impérial d’aujourd’hui accueillait alors le château du Shogun et c’est de là que la ville s’est créée. Au sud, la baie, à l’est les rivières de Sumida et de Arakawa forment les remparts naturels de défense de la ville. Mais au nord et à l’ouest, une plaine et quelques collines… Si la pax Tokugawa a duré plus de 250 ans, ce n’est pas par ce que les japonais s’étaient soudainement assagis. Ils avaient connu 400 ans de guerres civiles et féodales, vous pensez bien que ça forme les mentalités ! Non, la paix a duré par ce que les shoguns successifs ont toujours mené une politique de contrôle et de prévoyance politique et militaire à l’échelle du pays et bien sûr, à l’échelle de leur capitale, Edo.

Comment protéger la capitale au nord et à l’ouest ? Cette question a du turlupiner le petit Ieyasu dès sa jeunesse. Bien sûr, on a creusé des douves et des rivières artificielles mais face à une armée en marche, c’était bien peu. Alors, Ieyasu a semble-t-il (mettons ça au conditionnel car il n’y a pas de documents officiels attestant la chose) décidé d’utiliser le développement urbain dans une optique défensive. Un peu sur le modèle des Casbah arabes, le développement anarchique urbains, les ruelles étroites, les carrefours en T, les rues qui tournent tous les 50 mètres… Tous ceux qui se sont promenés dans Tokyo ont déjà ressenti cette étrange impression d’anarchie, de se promener dans un labyrinthe, dans une ville qui n’aurait pas été planifié… Quel contraste avec Kyoto ! Le New-York du 9ème siècle a été tracé sur plan, les avenues ont toutes des numéros, le damier était si clair que la structure n’a pas changé de nos jours. Si les Tokugawa avait décidé de clarifier la ville, nul doute qu’ils auraient pu le faire, tant au niveau financier qu’au niveau des technologies de génie civil. Tous les premiers quartiers commerçants de l’est, bâtis sur des zones remblayés (Ginza, Fukakawa, Nihonbashi…) prouvent le niveau technologique de l’époque. Ces quartiers, protégés par les fleuves et la baie, sont d’ailleurs rigoureusement tracés en angle droit… Contraste saisissant avec l’ouest du Château.

mapedo.jpg
Les quartiers remblayés à l’est et au sud, tracés au carré, en rose

Plutôt que de fonder une ville harmonieuse, les autorités publiques auraient donc volontairement encouragé le développement anarchique des zones de l’ouest. Kagurazaka, Akasaka ou Roppongi, les quartiers les plus Hip de Tokyo, connus pour leurs petites rues si pittoresques et pleines de vie, cette trame urbaine faite d’angles, de culs de sac et de virages constants, qui fait maintenant leur charme, était donc probablement faite pour ralentir une armée d’invasion… De même, on trouve à Tokyo des avenues en rayonnement partant du centre mais peu de chemins périphériques les reliant. Il s’agirait là encore d’une organisation urbaine visant à ralentir les mouvements de troupes ennemis en ville. Ce concept de ralentissement, qui est utilisé dans tous les châteaux forts nippons, (qui ne sont pas, à la différence des châteaux européens, coupés du reste de la ville par des douves finies et un pont levis, mais reliés par des langues de terre qui s’étendent et tournent et retournent sur plusieurs centaines de mètres, parsemés d’escaliers en pierre visant à stopper la cavalerie…) a été utilisé à une échelle plus grande pour la capitale du pays.
Plus efficace et plus économique qu’une Muraille gigantesque, les habitants servaient sans le savoir la défense du bakufu.

Alors la prochaine fois que vous arpenterez ces quartiers si pittoresques des arrondissements de Minato et de Shinjuku, essayez d’imaginer des troupes ennemis, naginata et katanas en mains, dans ce labyrinthe urbain, au milieu des cris de guerre et des ordres tonitruants, tentant de se retrouver dans ce dédale, rebroussant chemin face à un cul de sac inattendu ou à une route débouchant sur des rizières, le tout sous les tirs des archers et des mousquetaires du shogunat … Un peu comme Bagdad mais il y a 300 ans et sans GPS…

Le système ne fut malheureusement jamais testé. Edo tomba en avril 1868 face aux troupes de Saigo Takamori, sans un coup de feu… Et les troupes rebelles qui se soulevèrent 1 mois plus tard combattirent dans l’actuel parc d’Ueno, résistance de courte durée qui s’acheva en juillet.
Les villes les plus imprenables sont souvent celles qui se rendent sans combattre, car leurs assiégeants ne s’y frottent jamais sans une puissance de feu écrasante. Le paradoxe de la surpuissance.

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