Cimetières High Tech

Posté par tokyomonamour le 15 septembre 2010

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Et pour finir cette petite série vieillesse et décadence urbaine, une petite touche de joie et de Geek attitude (cliquer sur la vidéo pour la visualiser directement sur You tube en cas de besoin).

Faites toujours confiance au génie technologique nippon pour vous émerveiller et vous faire entrevoir un futur cyberpunk entre ténébres et espoirs. De ce côté-là, le Japon déçoit rarement.

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Steak de dauphin et relativisme culturel

Posté par tokyomonamour le 10 septembre 2010

Du dauphin en sashimi avec de la sauce de soja et du sésame, du dauphin en ragout à la sauce miso ou encore, mon préféré, du dauphin en steak, bien grillé… Le dauphin est souvent assimilé à la baleine au Japon et on en mange dans plusieurs régions de l’archipel. Sa chair est moins tendre que celle du cétacé et le prix au kilo est généralement inférieur (autour de 10 000 yens le kilos pour de la baleine bon marché) mais il y a une grande variété de préparations culinaires.

La chasse au dauphin est passé sur le devant de la scène avec la sortie du film The Cove, l’an dernier qui montre des « eco-terroristes » (softs quand même par ce qu’ils feraient pas la même chose en Russie ou en Chine… Courageux mais pas trop…) ou « défenseurs de l’environnement » filmant des pêches au dauphin et tentant de sensibiliser les japonais aux souffrances des mammifères. J’aime beaucoup la présentation du documentaire, allez le voir il est en lien, où l’on voit une flopée d’acteurs et d’actrices américains se fendre de leurs petits commentaires larmoyants.

Le 2 septembre dernier, 70 volontaires de l’association Action pour les dauphins se sont rassemblés à Tokyo pour remettre une pétition à l’ambassade américaine à Tokyo, afin que celle-ci fasse pression sur les autorités nippones pour qu’elles convainquent les japonais d’arrêter de se nourrir de la chair des cousins de Flipper…

J’aime bien les dauphins (sans mauvais jeux de mots…). C’est mignon, ça a l’air plutôt intelligent et je suppose qu’ils ont un rôle important dans l’eco-système marin. Mais je ne peux m’empêcher de me demander comment réagirait mon oncle, dans sa ferme du sud-ouest, si un groupe de japonais condescendants venait le voir pour lui demander, avec force de panneaux, de militants et de camions de médias internationaux, d’arrêter immédiatement le massacre des oies et des canards de la région, d’arrêter de torturer ces pauvres bêtes en les gavant jusqu’à ce mort s’en suive, et de fermer boutique sur le champ !? Je pense que mon oncle irait chercher son fusil dans la remise et renverrait ces bridés prétentieux à Tokyo à coup de pieds dans les fesses. C’est ce que les japonais auraient du faire.

Le relativisme culturel, c’est apprendre à accepter que tout le monde ne partage pas ses opinions. C’est comprendre que la morale, les principes, la religion et la philosophie sont des concepts valables uniquement par rapport à sa propre éducation et à sa propre culture. Il existe des valeurs universelles, mais elles sont extrêmement restreintes et ne concernent que des règles de vie en société (ne pas tuer, ne pas voler etc… sans ces principes, les communautés humaines ne pourraient survivre). Tout le reste est relatif. Et vouloir imposer des concepts relatifs, ça veut dire imposer ses opinions aux autres. En français, cela porte un nom: l’intolérance.

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La Drogue au Japon

Posté par tokyomonamour le 31 août 2010

C10H15N, diluants à peinture, marijuana … Le triptyque des drogues les plus usitées au Japon.

Le Japon est connue pour avoir peu de ressources naturelles. C’est faux. Le Japon a longtemps été exportateur de minerais (or et argent) pendant l’époque d’Edo, il a exploité du pétrole à l’ère Meiji et taisho et sa géographie naturelle en fait un pays riche de la plus précieuse des ressources futures: l’eau.

Le Japon, doté pourtant d’une foisonnante végétation, n’est cependant pas riche de plantes psychotropes. A la différence de l’Afghanistan et de son pavot, de la Colombie et de sa coca ou du Maroc et de son cannabis, historiquement et culturellement, les japonais n’ont jamais (à ma connaissance du moins) cultivé de stupéfiant naturel.
C’est peut-être la raison pour laquelle un japonais, Akira Ogata , a inventé la métamphétamine en 1919. D’abord utilisé comme stimulant militaire, tant par les japonais que par les allemands, elle fut interdite après guerre pour ses effets secondaires. La métamphétamine… Principale composante des « stimulants » (kakuseizai) . C’est celle dont on parle le plus dans les médias et dans les cercles pensant le bien public dans le pays. Régulièrement, des stars du show business se font arrêter pour consommation de met. On dit que la Corée du Nord est l’un des principaux producteurs de la met (Regardez la série Breaking bad pour plus de détails sur ce produit si particulier) consommée au Japon mais rien d’officiel là-dessus.

Argot notable: philopon, du nom du produit commercialisé par le fabricant de met militaire durant la guerre, Dainippon Sumitomo Pharma Co.,Ltd., une filiale du zaibatsu Sumitomo…

Le diluant à peinture. La drogue du pauvre, du déclassé, du lycéen yankee ou du jeune bosozoku. Consommation très large impossible à recenser. Les produits sont certes contrôlés, mais largement utilisés dans l’industrie.

Argot notable désignant les consommateurs: Anpan (le consommateur met le diluant dans un sac qu’il inhale ensuite. On dirait alors qu’il est en train de manger un anpan, un gâteau aux haricots rouges local…).

Enfin la majijuana. Très peu répandue jusqu’à récemment, elle a connu un bond de la consommation depuis quelques années. Les chiffres du livre blanc du ministère de la justice montrent une augmentation de la consommation de 14% par rapport à l’an dernier avec 4000 cas recensés contre une baisse de 10% pour la met avec 18 000 cas recensés.
En 2008, deux Sumos d’origine russe se sont fait tapé sur les doigts pour avoir consommé de l’herbe. Ils ont été expulsé de la fédération de sumo pour avoir porté atteinte à l’honneur du sport national et, malgré la procédure d’appel, ont été débouté en avril 2010…

Argot d’usage: Choko (par ce que ça ressemble à un carré de chocolat) pour le shit et Happa pour l’herbe (traduction littérale).

Les débats publics sur la drogue au Japon sont dogmatiques, sans nuances, basés sur une approche moraliste et autoritaire du bien public. Ni la loi, ni la pratique ne fait de différence entre consommation et revente et si, à la différence de la Thaïlande ou vous risquez la peine de mort pour avoir dealer, vous ne serez pas pendu, vous risquez tout de même de la prison ferme, puis l’expulsion du pays (le principe de la « double peine » ne fait pas débat ici). Un conseil donc pour les étourdis: n’oubliez pas un sachet d’herbes au fond de votre sac avant de venir visiter le Japon… Vous pourriez le regretter.

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La déflation, c’est un peu comme le supplice du Pal…

Posté par tokyomonamour le 24 août 2010

Les français ne connaissent pas la déflation. Du moins, pas la génération active actuelle, ni celle de leur parent, ni même, celle de leur grands parents. La France connait une inflation, plus ou moins forte, mais régulière, depuis l’après guerre.

Suite à l’explosion de la bulle immobilière nippone, le Japon tente quant à lui, de relancer son économie et d’appliquer une politique de taux proche de 0% depuis 1992 (Ca vous rappelle certaines politiques européennes et US depuis 2008… C’est normal, ils font exactement ce qu’a fait le Japon en prétendant que, eux, vont mieux s’en sortir…). Depuis, les prix à la consommation baissent et, depuis 1995 sont dans le négatif. Il y a eu un bref sursaut en 2007 et 2008, puis repatatrac… Notez que l’indice de consommation des ménages (il s’agit en fait de l’indice des revenus, mais revenus et consommation sont eux aussi liés) suit, avec quelques années de décalage, les statistiques officielles des prix des terrains. Quand l’un monte, l’autre suit et inversement.
Pour ceux qui n’ont pas encore clairement cette relation de cause à effet en tête, allez immédiatement voir le site de Jacques Friggit et ses désormais célèbres graphiques. Vous comprendrez pourquoi les prix de l’immobilier français vont connaitre, à moyen terme, une baisse drastique. Mais c’est un autre problème.

Au début, la déflation, c’est cool. Les prix des biens de consommation sont en baisse, les hamburgers de chez Mc Do sont à 50 yens l’unité (oui, vous m’avez bien compris! Vous pouviez, dans les années 2004, 2005 je crois, bouffer 3 hamburgers pour 150 yens, soit grosso modo, 1,50 euros au taux actuel), les prix de l’immobilier baissent de 30% et votre salaire ne bouge pas. Du coup, vous gagnez en pouvoir d’achat. Les salaires au Japon, basés sur le système de promotion à l’ancienneté, ont continué à augmenter jusqu’en 1998. Les japonais ont donc profité de cette déflation pendant 5 ou 6 ans à peu près.

Mais voilà, la déflation, c’est pervers, surtout quand ça dure. Et il se trouve qu’au Japon, ça dure depuis maintenant près de 20 ans… Une génération. La première génération de la crise arrive donc sur le marché avec 20 ans de retard par rapport à la France (fin des 30 glorieuses début des années 1970, crise accompagnée d’inflation) et dans un contexte plus difficile encore que le contexte français de l’époque. Car le monde industrialisé est désormais dans son ensemble, en déflation, ou proche, et les parents de ces jeunes nippons font face à d’importantes compressions de salaires. Conséquences inattendues (ou pas…) de ces tendances, le taux de syndicalisation augmente pour la première fois depuis 34 ans.
L’entreprise dans laquelle je travaille a, pour faire face à la baisse de son CA et augmenter les ventes, décidé de baisser ses prix de 20 à 30%. Evidemment, les administrateurs baissent leur salaire et coupent les bonus des employés (oui, moi aussi…). Le choc de la « nouvelle spirale déflationniste nippone » fait donc sentir ses effets, vicieusement, en décalage de quelques années.

Ha… La déflation… C’est un peu comme le Pal: « Ce supplice qui commence si bien et qui finit si mal »…

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Le syndrome de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 20 août 2010

Stockholm, Paris, Tokyo… Trois villes magnifiques connues pour leur art de vivre, leurs musées, leur dynamisme… Et leur syndrome.

Le syndrome de Stockholm décrit le comportement irrationnel d’otages qui se mettent à développer des sentiments de confiance, d’affection, voire d’amour pour leurs ravisseurs.

Le syndrome de Paris lui, nommé ainsi par analogie avec le premier je suppose, décrit les symptomes de jeunes japonaises (généralement) désillusionnées par Paris et ses habitants et qui, ne supportant la triste et dure réalité (les parisiens sont des citadins mal polis, qui n’aiment pas les touristes et qui laissent trainer les déjections de leurs animaux dans les rues… Ce qui n’est pas faux), tombent en dépression et doivent rentrer au Japon pour prendre du repos psychologique. Allez voir cet excellent article de shinmanga agrémenté de multiples vidéos sur le sujet.

Concernant la ville qui nous intéresse ici… Il y a bien quelques forums et blogs sur le sujet mais rien de bien sérieux… Soit par ce que les auteurs sont trop affectés par les symptomes eux-mêmes, soit par ce qu’ils ne les ont pas, au contraire, expérimentés. Je n’ai pas personnellement connu de dépression suite à une désillusion face au Japon et aux Japonais. Mais j’ai rencontré plusieurs compatriotes touchés par ce qui semblait être les mêmes causes de dépression.

Les victimes semblent en général présenter les mêmes conditions:
- Une attirance pour le Japon qui les poussée à laisser tomber la France, qui leur offrait peu d’opportunités de toute façon, et à venir dans l’archipel
- Un japonais approximatif, donc des problèmes de communication
- Un visa de vacances travail, donc des jobs instables et peu rémunérés
- Un rythme de vie irrégulier lié principalement aux incertitudes de leur emploi et de leur portefeuille
- Une copine japonaise avec laquelle il s’engueule, semble-t-il, assez souvent

Pour résumer, des étrangers ne parlant pas ou peu la langue arrivent dans un pays dont ils avaient un image d’Épinal, biaisée par leur ignorance culturelle, n’arrivent pas à établir des relations humaines sincères avec les locaux et ne font que survivre financièrement d’expédients de profs de langue… Derrière le « syndrome » de Tokyo, se cache tout simplement un mal du pays renforcé par des illusions déçues et une incapacité à partager ces sentiments avec de la famille, des amis, ou même des gens qui vous comprennent.

Nous avons clairement affaire ici au syndrome de l’expatrié, avec quelques spécificités régionales certes, mais sans plus. Dossier clos.

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