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Campus de Komaba, Université de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 17 octobre 2010

En 1873, le nouveau gouvernement de Meiji décide d’importer les technologies agricoles de l’occident et programme la création de rizières expérimentales sur le site de Komaba. Actuellement situées sur la ligne Inokashira à 2 stations de Shibuya, on peut encore voir ces rizières expérimentales, toujours en activité, désormais situées dans le parc de Komabano le long de la voie ferrée.

L’année suivante, un laboratoire d’agronomie est crée et en 1878 l’école d’agronomie de Komaba voit le jour. En 1890 celle-ci est intégrée à l’université impériale (teikoku daigaku). En 1935, la faculté d’agriculture déménage un peu plus loin, dans la ville de Fuchu où elle se trouve encore, et laisse la place à un lycée supérieur (kyuseidaiichi koto gakko) d’élite doté d’un système d’internat à l’anglaise intégré dans la filière de l’université impériale depuis 1894. En 1949, le lycée disparaît et s’intègre à l’université. Le portail d’entrée du Campus, datant de 1938, porte encore le blason de l’école. Le contraste pierre/bois et verdure en fond est assez classe, il faut le reconnaître.
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Après guerre, en 1947, l’université perd un adjectif et devient simplement Université de Tokyo. Même si elle n’est plus impériale, occupation américaine oblige, Todai continue d’être la première université nippone, formant la plupart des élites politiques et économiques du pays. Le Campus de Komaba accueille désormais la faculté des sciences, la faculté d’enseignement général et le centre de recherche aérospatiale. Très vaste, plutôt joli avec ses bâtiments de style néogothiques classés au patrimoine et ses espaces verts relaxants, plus jeune j’aurais bien aimé y étudier… Mais à l’époque, je m’étais bêtement fait recaler aux examens de sélection. Nobody’s perfect.

Alors aujourd’hui, c’était un peu la revanche. Des centaines de candidats répartis dans les différentes annexes, des vieux en costard faisant des révisions de dernières minute sous les arbres, des jeunes filles en mini-jupe et talons hauts tapotant sur leur portable, des types en tongues, des retraités en vadrouille… Un spectacle reflétant parfaitement l’hétérogénéité du public intéressé par le secteur de l’immobilier. Une fois assis, le téléphone portable scellé dans une enveloppe kraft et les sujets sur la table, il restait juste à se souvenir de ces quelques centaines de pages de règlements de droit et d’urbanisme. La forme de l’examen, en QCM, aide quand même… 2 heures de grattage de papier plus tard, je retrouvais la lumière du jour. Le temps d’enfourner un big mac et de passer à la civette de Shibuya où j’ai mes habitudes pour faire le plein de D4, je me retrouvais sur les bancs de ma juku, à assister en live avec mes camarades de classe, à la correction vidéo du test.

Bilan des courses: 46 réponses correctes sur 50. Le seuil de réussite se trouvant probablement autour de 37, et même si tout ça reste provisoire puisque les résultats définitifs ne seront communiqués qu’en décembre, je devrais normalement recevoir mes collants jaunes et ma cape de super agent immobilier dans un très proche avenir!!!

Well, well, well… Ne reste donc plus qu’à réfléchir un peu à quoi je vais utiliser ces nouveaux super pouvoirs…

Publié dans Immobilier au Japon, Personnel | 8 Commentaires »

La danse des salaryman

Posté par tokyomonamour le 15 octobre 2010

Image de prévisualisation YouTube

Une petite vidéo détente entre 2 examens blancs…Sudo Genki est un kickboxer/Free fighter assez funky qui évoluait en K1 et Hero’s. Même s’il est retiré des voitures maintenant, il même une carrière artistique originale (autant que son style de combat qui était assez… Extravagant) qui le conduit à écrire, à réaliser des films ou des clips musicaux, comme celui-ci. Moi, ça m’a relaxé. Enjoy.

Perso, j’aime bien les sports de combat et le Japon, c’est un peu le vatican du fist fighting (ne pas confondre avec l’autre). J’ai fait deux ans de kickboxing amateur dans un club à Tokyo et la plupart de mes « camarades de jeu » d’alors étaient des ouvriers du bâtiment. Même si c’est un jugement purement subjectif, j’ai vraiment eu l’impression que la boxe (anglaise et kick) avait les faveurs des maçons et autres charpentiers nippons au détriment des budo. Sûrement le côté rebelle façon Kid’s return, alors que les budo présentent plutôt une image de discipline et de respect de l’ordre établi. Il n’y a pourtant pas plus rigide que le monde de la construction mais on n’est pas à un paradoxe près…

Le monde du BTP japonais est vraiment très particulier, tant au niveau de l’élite (que j’ai aussi fréquenté dans pas mal de missions d’interprétariat) qu’au niveau de la base. Esprit de corporation très fort, avec ses propres règles, ses gars rudes, ses connexions avec la pègre et les politiciens… Bien que chinois et autres philippins commencent à bosser en masse dans les combini et le secteur des services, je n’ai jamais vu un seul étranger portant le pantalon bouffon et les tabis caractéristiques des ouvriers du bâtiment japonais… Trop fermé. C’est un monde qui a sa fierté et ses codes de valeur, parfois frustes, parfois nobles. Les types qui m’ont mis au tapis ont toujours tendu la main.

Publié dans Personnel | 2 Commentaires »

Le « Super agent immobilier » japonais

Posté par tokyomonamour le 12 octobre 2010

Le système de notariat français est très particulier. Il est, dans l’ensemble, sûr et fiable. Même s’il entraîne souvent des lourdeurs de procédures et des frais inutiles, il a le mérite de clarifier sans ambiguïté possible la propriété des biens immobiliers et les droits qui s’y rattachent.

Les notaires existent au Japon, mais ils n’ont qu’une fonction d’authentification et de certification des textes, ils ne s’occupent en aucune manière d’immobilier. Dans l’archipel, un peu sur le système anglais de Surveyor ( voir le site du RICS), il existe donc une fonction intermédiaire, sorte de « super agent immobilier », pour assurer cette mission: le Responsable de transactions immobilières ou Takuchi Tatemono Torihiki Shuninsha. Cette fonction est acquise par un diplôme d’Etat, en abrégé le Takken, ouvert à tous, sans contrainte de diplôme ou de nationalité, sur concours. Le responsable immobilier a pour mission de fournir à l’acheteur les informations nécessaires relatives au bien, tant d’un point de vue construction (présence d’amiante, structure parasismique etc.) que d’urbanisme (contraintes de zonage ou zone de catastrophe naturelle) ou de transaction à proprement dite (dommages et intérêts, annulation de contrat, rémunération etc.) avant le contrat final. Dans ses prérogatives figurent également la signature et l’apposition de son sceau sur le contrat de transaction immobilière et, souvent également, l’inscription de la transaction dans les registres du cadastre.

Il s’agit d’un diplôme d’Etat « nécessaire », dans le sens où tout agent immobilier doit engager 1 Responsable pour 5 salariés. 20% des effectifs des agents immobiliers ou des sociétés immobilières sont donc composés de ces Responsables.

Le takken en 2009, c’est 195 515 Candidats, 80% qui se présentent aux examens et 34 918 reçus, soit un taux de réussite de 17,9%. L’examen a lieu une fois par an. Cette année, c’est dimanche prochain.
Ça fait 6 mois que je m’y prépare alors ce WE, y’a pas intérêt à chier dans la colle…

Publié dans Immobilier au Japon | 8 Commentaires »

Quand les morts changent de nom

Posté par tokyomonamour le 9 octobre 2010

Mon récent sujet sur les suicides m’a poussé à creuser un peu les relations entre mort et pognon…
Sur le quai du train que je prends presque chaque jour pour aller au boulot, une grande affiche mise en place par le temple tout proche présente sa pub en caractères énormes: Tombe pour 1,8 Millions de yens!
Ces publicités pour les funérailles vantant avant tout le prix de la prestation m’ont longtemps semblé un poil dérangeante… Puis je m’y suis fait. On se fait à tout, même à la soupe de poulpe cru…

Combien ça vous coûtera de casser votre pipe au pays des 10 000 kamis?

D’abord, et accrochez vous bien, d’après l’association de consommateurs japonaise, il faudra quand même débourser 2,3 millions de yens en moyenne (23 000 euros) pour passer dans l’autre monde. Attention! Pour ce prix là, vous avez tout… Banquet d’adieu, glace et formol pour la veillée funèbre, la crémation, la tombe bien sûr, le plus gros poste de dépense puisqu’il s’agit d’une transaction « immobilière », les frais d’encens, la rémunération du bonze et, last but not the least, le Kaimyo (ou Homyo, Hogo selon les écoles bouddhiques), ou « nom karmique« . Ça, ça pète quand même… Le nom karmique, c’est un nom que le moine local va donner à l’âme du défunt pour lui permettre de grimper les échelons de la grande roue des réincarnations et lui permettre d’atteindre le satori , l’illumination, plus vite que s’il n’avait pas eu le nom en question… On pourrait penser que c’est en faisant une retraite, des bonnes actions ou en méditant pendant 30 jours sur une pierre sans boire ni manger que l’on acquiert un meilleur karma, mais non… Pensez-vous, ce serait trop facile. Donc on paye. Ha… La religion est le meilleur business du monde! On ne vend que des produits dont on ne connaîtra la qualité qu’une fois mort…

Si le système vous fait penser aux indulgences catholiques du Moyen-Age, c’est normal, le principe est peu ou prou le même sauf que là, on paye après être passé de vie à trépas… Le prix du nom karmique peut varier, de quelques dizaines de milliers de yens à quelques millions, le prix médian semblant tourner entre 300 000 et 500 000 yens (3000 et 5000 euros).

Alors, combien seriez-vous prêt à payer pour assurer à votre âme sa place au nirvana?

Publié dans Société | 4 Commentaires »

De l’utilisation du patrimoine

Posté par tokyomonamour le 8 octobre 2010

Le château de Himeji est incontestablement le plus beau château du Japon. Authentique, élégant, imposant et accessible en Shinkansen, il cumule tous les avantages du site touristique de premier ordre protégé par la loi sur la protection du patrimoine qui couvre le château et ses annexes, classant les différents bâtiments en degrés d’importance: Trésors nationaux (Koku ho), Patrimoine matériel important (Juyobunkazai) et Sites spéciaux (Tokubetsu shiseki). Le château est actuellement rénovation jusqu’en 2014: « coup de peinture », changement des tuiles et renforcement de la structure parasismique. J’espère donc que vous avez profité de la vue avant ou que vous n’êtes pas pressés.

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Impressionnant, non ?

Même si des efforts ont été fait depuis une vingtaine d’année, la prise de conscience de l’importance du patrimoine se combinant avec la fin de la période de forte croissance, les collectivités japonaise mettent rarement en place une politique d’utilisation dynamique de leur patrimoine. La France, pour une fois, est un modèle et le château de Versailles, tour à tour site touristique (ouvert au public toute l’année), site politique (siège du congrès du parlement français), site d’art moderne (avec pour exemple la récente exposition, tant décriée, de Murakami Takashi…) est une réussite exemplaire dans le genre.
Il y a bien de temps en temps, des expositions modernes dans des temples ou des concerts dans des sanctuaires, les châteaux et jardins sont souvent utilisés comme cadre de films mais tout reste encore au micro niveau… Certes, l’architecture en bois ne favorise pas nécessairement les aménagements du confort moderne, mais imaginez un peu le premier ministre japonais adressant la diète dans l’une des salles du château du Héron blanc! Quelle classe ça aurait!

De la même façon, la plupart des sites enregistrés au patrimoine japonais ne peuvent être utilisés pour des conventions internationales ou des séminaires d’entreprise, ce qui se fait couramment en France dans les nombreux châteaux parsemant le territoire. Il existe néanmoins un système relativement récent de « patrimoine enregistré » (Toroku bunkazai) datant de 1996 permettant aux individus possesseurs de bâtiments à forte valeur patrimonial de les enregistrer auprès de l’Agence de la culture et de recevoir des subventions et des conseils pour réhabiliter leur bien. Ces bâtiments, pour majorité des habitations, des fermettes de campagne (noka) ou des maisons de villes traditionnelles (machiya), peuvent être utilisés librement et transformés en boutiques ou en bureaux si l’on respecte quelques règles de conservation. Le système se répand peu à peu (7800 dossiers en 2010) et devrait poursuivre son extension dans les prochaines années…

La récente sensibilisation des japonais envers leur patrimoine pourrait avoir un impact positif sur les paysages urbains et ruraux et, peut-être aussi, représenter un futur marché immobilier intéressant à explorer.

Publié dans Urbanisme et architecture | 4 Commentaires »

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