Construction et Superstition

Posté par tokyomonamour le 21 octobre 2010

Je tombe aujourd’hui sur un article du Courrier International présentant les relations entre Feng Shui et immobilier à Hong Kong.
Il semblerait que dans l’ancienne colonie britannique qui a obtenue, lors de son rattachement à la RPC, le maintien des traditions et coutumes spécifiques du territoire, on puisse poursuivre un architecte ou un maître d’ouvrage pour une conception « anti Feng Shui » qui porterait malheur et désastre à l’occupant du bâtiment. Les mauvaises énergies pourraient ainsi être compensées par une grosse liasse de billets, ce qui à mon avis, ne tient pas vraiment la route… Mais après tout, qui suis-je pour juger? Le jugement d’un guailo, ça vaut pas plus que celui d’un gaijin.

Au Japon, point de Feng Shui. Les kamis locaux suffisent amplement à assurer la protection spirituelle du bâtiment. Lors d’une cérémonie appellée Jotoshiki, qui a lieu généralement à la fin de la construction de la structure, le prêtre shinto procède à une bénédiction pour chasser les éventuels mauvais esprits et assurer une protection surnaturelle à la bâtisse (contre toute catastrophe naturelle comme les séisme notamment mais aussi pour que les propriétaires s’enrichissent comme il se doit!). Si vous avez parcouru un tant soit peu les terrasses des gratte ciel nippons ou que vous êtes déjà monté à la Tokyo Tower, vous avez peut-être déjà remarqué cet autel shinto, généralement complété d’ un torii. Il s’agit souvent de l’emplacement devant lequel on fait cette cérémonie. Dans les bâtiments plus petits ou les maisons individuelles, la cérémonie se fait au sol même si on place un symbole au faîte du toit mais il n’y a pas de règles précises et les méthodes varient en fonction des sanctuaires et des régions.
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Le sanctuaire shinto du grand magasin Mitsukoshi à Shinbashi, Tokyo
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Une cérémonie sur le toit d’un sanctuaire, une autre dans un bâtiment de petite taille

Paupérisation oblige, cette pratique tend à se raréfier. On fait souvent la cérémonie entre ouvriers, maître d’oeuvre et d’ouvrage, sans appeler de prêtres ou bien, dans les lotissements, le constructeur fait une cérémonie pour une maison qui sera valable pour toutes les autres… Les frais ne sont pas clairement établis et peuvent aller de la simple distribution de gâteaux pour une simple maison avec cérémonie sans prêtre, à plusieurs dizaines de milliers de yens si on appelle un officiant shinto. Evidemment, les prix montent lorsque l’on passe à des bâtiments de bureau que l’on place sous la protection d’un kami « forte valeur ajoutée ». Les dieux eux aussi, ont un prix…

En Europe, ce genre de traditions existent encore. Les bénédictions de bâtiments par le prêtre local sont encore très courantes dans les institutions scolaires catholiques (ici, dans le nord de la France) ou dans certains cercles de pratiquants (ici, sur un forum yahoo… On trouve vraiment de tout sur le net).

La sacralité s’inscrit toujours dans l’espace. L’homogénéité des japonais permet à ces rites religieux de perdurer, naturellement sous forme de coutumes, en dépit de la perte du sentiment religieux. Dans les pays européens très ouverts à l’immigration et au mélange des cultures, ce glissement de la « religion » à la « tradition » ou « sécularisation » comme disent les sociologues, ne s’est fait que dans certains cas relativement isolés comme Noel ou la Saint Valentin par exemple. Mais pas ici. Les Japonais restent un objet d’études à part pour les passionnés d’ethnologie car, principalement du fait de leur homogénéité raciale et culturelle, ils conservent des comportement de tribus… Alors qu’ils sont plus de 125 millions et qu’ils se sont hissés au rang de puissance mondiale! Ce pays et ses habitants ne cesseront décidément jamais de me surprendre.

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