De l’utilisation du patrimoine

Posté par tokyomonamour le 8 octobre 2010

Le château de Himeji est incontestablement le plus beau château du Japon. Authentique, élégant, imposant et accessible en Shinkansen, il cumule tous les avantages du site touristique de premier ordre protégé par la loi sur la protection du patrimoine qui couvre le château et ses annexes, classant les différents bâtiments en degrés d’importance: Trésors nationaux (Koku ho), Patrimoine matériel important (Juyobunkazai) et Sites spéciaux (Tokubetsu shiseki). Le château est actuellement rénovation jusqu’en 2014: « coup de peinture », changement des tuiles et renforcement de la structure parasismique. J’espère donc que vous avez profité de la vue avant ou que vous n’êtes pas pressés.

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Impressionnant, non ?

Même si des efforts ont été fait depuis une vingtaine d’année, la prise de conscience de l’importance du patrimoine se combinant avec la fin de la période de forte croissance, les collectivités japonaise mettent rarement en place une politique d’utilisation dynamique de leur patrimoine. La France, pour une fois, est un modèle et le château de Versailles, tour à tour site touristique (ouvert au public toute l’année), site politique (siège du congrès du parlement français), site d’art moderne (avec pour exemple la récente exposition, tant décriée, de Murakami Takashi…) est une réussite exemplaire dans le genre.
Il y a bien de temps en temps, des expositions modernes dans des temples ou des concerts dans des sanctuaires, les châteaux et jardins sont souvent utilisés comme cadre de films mais tout reste encore au micro niveau… Certes, l’architecture en bois ne favorise pas nécessairement les aménagements du confort moderne, mais imaginez un peu le premier ministre japonais adressant la diète dans l’une des salles du château du Héron blanc! Quelle classe ça aurait!

De la même façon, la plupart des sites enregistrés au patrimoine japonais ne peuvent être utilisés pour des conventions internationales ou des séminaires d’entreprise, ce qui se fait couramment en France dans les nombreux châteaux parsemant le territoire. Il existe néanmoins un système relativement récent de « patrimoine enregistré » (Toroku bunkazai) datant de 1996 permettant aux individus possesseurs de bâtiments à forte valeur patrimonial de les enregistrer auprès de l’Agence de la culture et de recevoir des subventions et des conseils pour réhabiliter leur bien. Ces bâtiments, pour majorité des habitations, des fermettes de campagne (noka) ou des maisons de villes traditionnelles (machiya), peuvent être utilisés librement et transformés en boutiques ou en bureaux si l’on respecte quelques règles de conservation. Le système se répand peu à peu (7800 dossiers en 2010) et devrait poursuivre son extension dans les prochaines années…

La récente sensibilisation des japonais envers leur patrimoine pourrait avoir un impact positif sur les paysages urbains et ruraux et, peut-être aussi, représenter un futur marché immobilier intéressant à explorer.

4 Réponses à “De l’utilisation du patrimoine”

  1. AP dit :

    je fais le commentaire chauvin du jour, himeji a de la gueule mais il a quand meme été reconstruit alors que notre versailles national lui est debout depuis sa construction.
    et puis c’est un peu vide comme chateau…
    note, j’irai bien faire quelques photos avec les grues

  2. tokyomonamour dit :

    Homme de peu de foi… Le château de Himeji est classé au patrimoine mondial de l’humanité par ce que, justement, c’est l’un des seuls châteaux authentiques (début d’Edo donc 17ème) du Japon. On l’a bien un peu rafistolé au cours des siècles, mais le donjon principal et les principales annexes sont d’époque :)

  3. D.Durand dit :

    Sans vouloir vous vexer, les administrations françaises chargées de la conservation des monuments historiques ne sont pas connues pour leur efficacité. Les « monuments historiques » eux-même sont réputés – avec justesse – pour se concentrer sur quelques lieux connus et laisser à l’abandon, voir pire, tout le reste.

    La plupart des lieux publics classés sont ainsi totalement abandonné. L’unesco lui-même a reconnu que notre pays allait perdre environ 95% de son patrimoine historique dans les 30 ans à venir si rien ne change (et on ne parle pas des sites ouvertement saccagés, par exemple les vestiges concurrents d’Alise Sainte Reine).

  4. tokyomonamour dit :

    Certes, je suppose que la France est loin d ‘être parfaite dans la gestion de son patrimoine bâti.

    Cependant elle a des circonstances atténuantes (le nombre de patrimoines classés ou susceptible de l’être est énorme!), l’initiative individuelle est fortement encouragée (ne serait-ce que dans les investissements locatifs à travers le dispositif Malraux) et, comparativement parlant, il me semble qu’elle fait dans l’ensemble « moins pire » que le Japon.
    N’étant néanmoins pas compétent dans le domaine de l’efficacité des fonctionnaires de la culture, je ne suis pas catégorique et vous fait confiance dans ce jugement… En étant confiant que les plus beaux sites réussiront quand même à passer le siècle…

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