Vivre à Tokyo: Choisir son Eco-système

Posté par tokyomonamour le 1 septembre 2010

Tokyo est une mégapole. Un monstre urbain. Ce n’est pas une ville à proprement parler (shi), c’est une métropole (to) qui contient 23 arrondissements (ku) et 26 villes en son sein. Elle se déploie dans sa région selon les modèles du Grand Londres, qui est une sous-division régionale du RU et de Shanghai, une Cité-province de plus de 7000 km2 divisée en villes et villages.
A côtés de ces métropoles, Paris est un nain urbain (au niveau administratif s’entend) de 105 km2… Je lisais un article sur l’excellent site le buzz Immobilier à propos de la distinction Intra/Extra muros et de son impact sur la sociologie des parisiens et sur les prix de l’immobilier dans la capitale. La superficie ridicule, coincée par des remparts imaginaires détruits seulement au début du 20ème siècle, de la capitale étant bien évidemment la principale cause de l’élitisme parisien et du « manque » de logement dans la ville…

Tokyo elle, s’étend nonchalamment sur ses 2 187 km2 en variant les paysages et les écosystèmes urbains. Le futur tokyoite aura donc la chance de pouvoir choisir, selon son budget et ses goûts, son habitat parmi un vaste éventail de choix. Maison ou appartement. Quartier central ou périphérie. Cyberpunk ou Temples perdus dans les montagnes…

Le tokyoïte fortuné n’est pas stéréotypé et peut résider dans deux types de logements : l’appartement « de standing » comme on dit chez nous, ou la maison individuelle (La grande superficie de la métropole comprend en effet des zones urbaines éparpillées un peu partout réservées aux maisons individuelles…) et dans différentes zones géographiques.

Un appartement dans un étage élevé dans tour de 45 étages à Odaiba ou dans le centre (je précise étage élevé car il semble exister une ségrégation sociale dans les tours en fonction de l’altitude de l’appartement acheté… La bêtise humaine n’a pas de limite).

Un appartement à dimension humaine dans les espaces résidentiels séparant la plupart des centres d’activités Tokyoites, entre Shibuya et Shinjuku, Roppongi et Hiroo ou dans le quartier plus bobo de Kagurazaka (bcp de français y résident car le lycée français n’est pas loin).

Une maison dans les arrondissements du centre, Shibuya près de Omotosando ou dans l’arrondissement très huppé de Minato, près des tours de Midtown ou Roppongi Hills, ou dans les arrondissements de l’ouest : Meguro et Setagaya, qui sont riches en espaces verts et en institutions scolaires, Jiyugaoka, Futatama…

Si vous achetez dans ces quartiers, la note s’échelonnera entre, pour le petit appart, 5 000 000 yens et, pour ceux qui aiment les immeubles avec services ou les maisons individuelles, 100, 200 millions et plus et plus si affinités… Comptez en moyenne entre 9000 et 12 000 euros du m2.
Les locations pour un studio commencent généralement à 80 000 yens et montent très vite, sans plafond.

Les Classes moyennes et les classes populaires devront s’éloigner des gares si elles veulent se loger dans ces quartiers. De 15 mn et plus à pied, à 15 mn en bus… Ou réduire leur prétention en achetant ou louant plus petit. Elles pourront aussi, ce qui se passe généralement, se rabattre sur le nord et l’est. Toshima, Nerima et Kita qui étaient à l’origine de vastes zones de riziculture. L’est de Tokyo, c’est un peu la ceinture rouge de Paris (sans la notion communiste…), les quartiers traditionnellement populaires, avec beaucoup de petites usines et d’artisanat, dans les arrondissements de Sumida, Edogawa et de Arakawa.

Elles pourront aussi, pour avoir plus grand et profiter d’un peu plus de verdure, se replier sur les départements voisins, la « grande couronne locale » : Saitama et Chiba principalement. Le département de Kanagawa à l’ouest avec sa capitale Yokohama, forme une véritable unité urbaine avec Tokyo et les prix s’y ressemblent, surtout du côté des collines intérieures (la côte étant industrialisée, elle est nettement moins attirante pour les familles en recherche d’un cadre de vie agréable).
tokyokanto.gifyamanote.png

Les prix sont nettement moins élevés que dans le centre mais peuvent varier énormément en fonction de la distance de la gare la plus proche, de la qualité du bien, ancien ou neuf, de la proximité avec les centres tokyoites qui sont principalement au nombre de 6 et qui forment une ceinture le long de la ligne Yamanote : Ikebukuro, Shinjuku, Shibuya, Shinagawa, Tokyo, Ueno-Akihabara.

La taille démesurée de la métropole permet de rester Tokyoîte tout en vivant à la campagne… Un peu comme si les habitants de Meaux ou de Melun se disaient Parisiens… Ça laisse songeur…

2 Réponses à “Vivre à Tokyo: Choisir son Eco-système”

  1. Momix dit :

    Quand je vois ces prix, j’ai l’impression que les tokyoîtes vivent les mêmes phénomènes que les parisiens, concernant le logement. A Paris, un foyer avec des revenus moyens ne peut espérer vivre dans quelque chose qui soit plus grand qu’un 3 pièces. Sinon, il faudra qu’ils se déplacent en banlieue et augmentent d’autant plus leur temps de trajet. Du coup, on se retrouve avec des notions, me semble-t-il, assez semblables. Si on considère l’Ile-de-France comme le futur « Grand Paris », on a des zones : Paris intra-muros (futur intra-périph?), la petite ceinture (intra A86), la grande ceinture.

    - Paris intra-muros est de plus en plus une zone commerciale, chère.
    - La petite ceinture est une zone déjà plus résidentielle, mais avec quelques zones d’emploi importantes (La Défense, Vélizy, etc.)
    - La grande ceinture est une zone plus verte, limite campagne, fort heureusement moins chère.

    Le « Grand Paris » abrite entre le 1/5ème et le 1/4 de la population française. Ces proportions sont assez comparables à tokyo, j’ai l’impression.

    A mon avis, LA grande différence se situe au niveau des transports ! A Tokyo, on peut se permettre de vivre loin du/des centres, on en aura certes pour 1h en train + 15min en bus (c’est surtout un problème de distances parcourues), mais c’est possible de se déplacer. Pas en région parisienne, où il suffit de sortir de la petite ceinture, de ne pas avoir de voiture, et de ne pas habiter à côté d’une station de RER/Transilien, pour que ce soit l’immobilité, surtout les week-ends (où les quelques bus n’assurent plus aucun service). Pourtant, ces endroits sont parfois à 15km à peine de Paris ! Si on ajoute à cela qu’il n’existe pas d’infrastructure adaptée aux vélos, on se retrouve coincé chez soi. Et là, je ne parle même pas du scénario où on veut aller voir des amis le week-end qui eux aussi sont en banlieue, mais pas sur la même ligne de RER … Il faut y passer la moitié de la journée …. quand tout va bien et qu’il n’y a pas de grèves ! Ca peut aller au point où il vaut mieux y aller à pieds si on marche vite, on en a pour 2h, mais sans aléas !

  2. tokyomonamour dit :

    Les grandes capitales des pays industrialisés, celles qu’on appelle villes globales ou villes monde, suivent, de fait et avec quelques décalages, les mêmes évolutions. Le futur Grand Paris devraient effectivement avoir le même visage que Tokyo ou que l Grand Londres. Le rapport Balladur de 2009 (http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/rapport-balladur-collectivites-locales/collectivita-s-locales-controverses-conclusions-du-comita-balladur.html) propose des regroupements intercommunaux et l’élection au suffrage universel de leurs dirigeants selon le même principe.

    La question, c’est les infrastructures comme tu l’as si bien fait remarqué! Les projets de grand 8 ou de prolongements de lignes de RER me semblent bien légers et vont en outre prendre au bas mot 15 ou 20 ans à mettre en place. La paupérisation de la France et l’austérité ne vont pas arranger la chose. Paris a pris du retard dans sa reconstruction en tant que grande cité globale et va le payer.

Laisser un commentaire

 

Les anniversaires des stars |
FRANCESCA esprit Channeling |
Sénégal Junior Intelligence |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Anglais pour non-spécialist...
| bobs3
| Hôtel le Renaissance