Conférence internationale des patriotes en faveur de la paix

Posté par tokyomonamour le 12 août 2010

Extrême droite japonaise: Groupe conservateur minoritaire sans représentation politique officielle mais dont les idées sont fortement implantées dans les rang du PLD. Expression officiellement taboue depuis la seconde guerre mondiale…

Champ lexical de référence: bombe nucléaire, anti-américanisme, négationisme, yakuzas, camions noirs, intellectuels vindicatifs et mangaka engagés

L’extrême droite japonaise, représentée par la société Issuikai organise la première conférence de l’internationale patriote (FN, FPO, BNP, Vlaams Blang etc.) à Tokyo. Passionnant…

Article détaillé une fois les débats achevés.

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Le promoteur, la tour et le faux bâtiment historique

Posté par tokyomonamour le 11 août 2010

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Quel est le point commun de ces trois bâtiments: Le théâtre kabukiza à Ginza construit en 1923, la poste centrale de la gare de Tokyo datant de 1933 et le premier bâtiment de bureau digne de ce nom au Japon, le Mitsubishi 1 go kan édifié dans le quartier de Marunouchi en 1894? Ils ont été préservés? Transformés? Détruits? Un peu des trois à la fois en fait… Pour faire un néologisme je dirais qu’ils ont été « upgradé », et que comme dans tout upgrade, il y des bugs. Ici, c’est l’énorme gratte-ciel juste derrière (cf photos).
Vous avez déjà pu voir à Paris ou ailleurs ces façades Hausmaniennes en plan horizontal façon décors de carton pâte hollywoodien sans rien derrière? C’est de la transformation ou de la conversion. On garde la structure générale et la façade mais on refait tout l’intérieur. En France cependant on garde les proportions générales du bâtiment pour l’harmonie urbaine. A Tokyo, les choses sont différentes puisqu’il suffit de lever les yeux pour voir se dresser une tour monumentale derrière la bâtisse de quelques étages. Un paysage assez courant à New York, me direz-vous, sauf que le bâtiment ici n’est pas l’original. Il est reconstruit de toute pièce, en béton et à l’aide des dernières technologies de construction.

Une mission d’interprétariat m’a mené sur le chantier Mitsubishi il y a deux lors de la construction: tout le bâtiment en brique est en fait construit en béton et acier et repose sur des ressorts anti-sismiques (très impressionnant d’ailleurs comme technologie). Ex. de destruction-reconstruction identique à l’original dans le visuel mais moderne dans la structure et les technologies du bâti.
Pour la poste centrale de Tokyo c’est un peu différent, puisque les promoteurs ont décider de garder la façade telle quelle et de construire derrière. Ex. de façadisme pur et dur.
Quant au Kabukiza, il va être reconstruit « dans l’esprit » de la tradition théâtrale. Ici le bâtiment est euthanasié, il ne revivra pas, même sous une « fausse » apparence. Ex. de destruction-reconstruction moderne inspirée de l’original.

Tokyo cherche des alternatives au « déplacement architectural » et c’est une bonne chose. Il ne faudrait cependant pas que ces pseudo préservations architecturales servent à donner bonne conscience aux responsables urbains et qu’elles soient un prétexte pour détruire les bâtiments authentiques uniquement pour les remplacer par des tours de 50 étages d’un SHON 1000 fois supérieur. Parmi les trois exemples donnés ici, celui du kabukiza me semble encore le plus « vrai » dans sa démarche. On perd certes le bâtiment, mais le projet adopte une approche tournée vers le futur basée sur la transmission des « traditions immatérielles » et ne se fourvoie pas dans la fausse préservation, le chemin le plus souvent adopté par les promoteurs. (Plus rapide, plus séduisant, plus facile est le côté obscur de la Force…).

Tokyo se cherche une identité, entre passé, présent et futur en innovant, souvent sans coordination entre les différents projets et initiatives. Dans ce foisonnement de construction (et dire que la bulle a éclaté. Qu’est-ce que ça devait être dans les années 80!?) une chose seule est certaine. Tokyo n’est pas prête à devenir une ville musée!

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L’immobilier « mobile » : le concept de ichiku

Posté par tokyomonamour le 8 août 2010

Imaginez un promoteur immobilier en visite à Versailles. Il parcourt les grandes allées du palais, flâne le long des canaux et se dit : Que d’espace vide ! Quel gâchis ! Que de dizaines de milliers de m² perdus ! Il va donc voir la mairie, monte un projet immobilier de bureaux, de supermarchés et de logements qui rapporteront des millions d’euros aux collectivités locales… Le ministère de la culture et Matignon se laissent convaincre, le ministère des transports et de l’aménagement du territoire ayant pesé de tout son poids pour la réalisation du projet et, 5 ans plus tard, un magnifique complexe immobilier de tours trône sur les jardins de Le Nôtre… Le palais ??? Non, il n’a pas été détruit, il a été « déplacé » en Auvergne, où la place de manque pas, non loin de Clermont-Ferrand …

Ridicule ? Pas au Japon. Le concept de ichiku (« déplacement architectural » en littéral) est utilisé pour protéger le patrimoine sans affecter le développement économique et le marché immobilier. Cette méthode est utilisée pour les bâtiments emblématiques bien sûr, l’hôtel impérial de Wright, ou la maison de Maekawa Kunio, architecte pionnier du modernisme au Japon, mais aussi pour des bâtiments plus populaires comme des fermes ou des entrepôts traditionnels. Les villes sont donc vidées de leur patrimoine architectural au nom du profit et de la rationalité moderne. Mais ce patrimoine n’est pas détruit, ce qui est un moindre mal. Il est regroupé dans des zones spécifiques dédiées, des sortes de parcs d’attraction historiques, dans lesquels on peut voir, côte à côte des bâtiments d’Edo, de Meiji, de Taisho, dans un joli jardin… A ma connaissance, les deux principaux musées à ciel ouvert sont le Meiji mura dans la préfecture d’Aichi et le Musée d’architecture en plein air de Edo à Tokyo.

C’est une chance de pouvoir admirer ces constructions qui reflètent l’histoire de l’architecture et de l’art du bâti au Japon. Mais posés dans un espace artificiel, taillé sur mesure et hors contexte, c’est-à-dire, hors contexte urbain, ces bâtiments sont morts, la vie les a quittées, ils ne reflètent qu’une information technique, ils ont perdu leur âme.
L’architecture est inséparable de son environnement. Le bâti n’existe et n’a de sens que dans un contexte donné. La culture japonaise, qui n’accorde pas une grande importance au bâti et fait d’ailleurs une distinction fondamentale entre biens culturels matériels et immatériels, n’est pas naturellement sensible à ce lien.

Néanmoins, l’anonymat sans cesse grandissant des métropoles, la perte de repères et la paupérisation se combinent étrangement pour créer un changement dans les mentalités. La crise économique a par exemple lancé sérieusement le marché de l’immobilier ancien en 2008, qui jusqu’à maintenant était resté confidentiel, et les mots de rénovation, mise aux normes et conversion circulent de plus en plus dans les médias avec la bénédiction du gouvernement qui tente récemment, et à l’encontre de toutes les politiques favorables à la construction menées depuis l’après guerre, d’encourager le mouvement.
Cette reconsidération de l’immobilier ancien aura sûrement des conséquences à moyen et long terme sur la vision du rôle du bâti dans l’espace, de sa durabilité et de son lien organique avec son environnement… Du moins faut-il l’espérer pour les futurs citadins de Tokyo et d’ailleurs…

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Karate Kid 1984 VS Karate Kid 2010

Posté par tokyomonamour le 6 août 2010

Le Karate Kid que j’ai vu lors de ma jeunesse parlait d’un jeune garçon qui rencontrait un maitre de Karate japonais aux USA, et qui en suivait l’entrainement pour parvenir à la maitrise de l’art de la « main nue ». C’était un peu mièvre, un peu kitch et ça a très mal vieillit. A l’époque, j’avais bien aimé pourtant…

26 ans plus tard, le remake sort sur les écrans. C’est toujours Karate kid… Mais en chine, avec un prof de Kung Fu, en la personne du grand Jacky Chan, et son éléve, de Kung Fu évidemment, en la personne du fils de Will Smith. Mise à part l’incroyable incohérence du titre, uniquement pour les crétins d’occidentaux puisque le film passe sous le titre de Best Kid au Japon et de Kung Fu Kid en Chine (lisez cette magnifique critique), l’affaire nous montre surtout autre chose : celle d’un changement de l’équilibre des forces dans le monde… Ca fait un peu grandiloquent comme ça mais j’ai toujours pensé qu’Hollywood, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, avait une sorte de don extraordinaire pour traduire l’inconscient collectif planétaire de façon extrêmement simplifiée, certes, mais souvent juste. Avant on avait un japonais et un gamin blanc qui apprenait le karaté, maintenant, on a un chinois et un gamin noir qui apprend du Kung Fu.

Que s’est-il passé en un quart de siècle ? La bulle immobilière japonaise a éclaté, enfermant le pays dans la déflation depuis 1991 et le tirant vers le bas sans espoir de retour, la Chine s’est ouverte au monde et a connu l’essor économique le plus incroyable de toute l’histoire de l’humanité, les Etats-Unis ont eu leur premier président noir et, plus proche de nous, le chinois est devenu le premier département des langues O’ en nombre d’étudiants depuis le début des années 2000…

Si vous voulez comprendre les évolutions géopolitiques mondiales, regardez des films hollywoodiens. Moi en tout cas, ce WE, je révise mes cours de sciences po en technicolor avec Jacky Chan…

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Paysages urbains préservés au Japon

Posté par tokyomonamour le 4 août 2010

Tokyo plaira sûrement aux adeptes du Cyberpunk et des contrastes frappants de tradition/modernité (la geisha avec un portable, le temple au pied des tours de verre ou le jardin impérial cerné de buildings façon central park), mais ceux qui aiment les paysages urbains préservés, les balades dans des « jolies » rues à taille humaine se sentiront un peu perdu… Edo était pourtant une ville magnifique, parcourue de canaux et d’espaces verts. Les gravures de l’époque sont splendides, autant que celles du Tokyo de Meiji et de Taisho, qui montrent une ville une ville en plein essor, sachant allier beauté architecturale et modernité : Le Imperial Hotel, détruit par un incendie et reconstruit par Frank Loyd Wright en 1923, le premier building de haute taille Tokyo a Asakusa (ryo-unkaku, « le gratte nuage ») au bord d’un étang magnifique , les quais bordés de cerisiers le long de la Sumida entrecoupés de relais de bateliers… Tokyo devait alors être une ville agréable à vivre et à regarder.

Pour ceux que ça intéresse:
Le bâtiment de Wright a été déplacé dans un musée à ciel ouvert (Meiji mura, préfecture de Aichi) et remplacé par une tour… Ca faisait plus de surface disponible.
Le gratte-nuage de Asakusa a disparu lors du tremblement de Tokyo en 1923.
Les rives de la Sumida ont perdu leur charme suite au développement des infrastructures, routières et ferroviaires, qui ont envahit le moindre espace libre en bordure de fleuve dans les années 70 et 80 principalement.

La guerre est malheureusement passée par là bien sûr et après elle, la reconstruction effrénée du pays. Après les bombes au phosphore, les pelleteuses ont fait leur œuvre.
La première loi de protection des biens culturels datent de 1950, mise en place suite à l’incendie du pavillon d’or du Horyuji en 1949. Elle permit de protéger les temples, sanctuaires et autres monuments d’importance mais laissa complètement de côté les bâtiments du « peuple », maisons de ville traditionnelles (machiya…), fermes (noka) ou maison populaires (hiraya…). Certaines villes prirent des arrêtés municipaux de façon autonome, en réaction aux destructions des promoteurs et pour protéger ce patrimoine urbain, notamment les villes citées ci-après, mais il fallut attendre la loi officielle de 2004 sur les paysages urbains (keikanho) pour avoir une vraie supervision étatique de ce type de patrimoine.
Voyons donc quelques unes de ces villes qui ont su, avec sagesse et prévision, préserver leurs paysages urbains et le transformer en forte ressource touristique.

Kyoto tout d’abord, bien sûr et toujours. Le quartier de Gion mais aussi, dispersées dans la ville, les fameuses machiya, souvent reconverties en boutiques ou restaurants.

Hida Takayama dans la préfecture de Gifu et son secteur historique splendide de Sanmachi, ancien faubourg marchand datant de l’époque d’Edo, préservé par arrêté depuis 1979. C’est loin, mais c’est beau.

Kurashiki, la ville des greniers… Ca fait nul comme ça mais c’est une des plus jolies villes du Japon : Des greniers (kura, en fait des entrepôts) rénovés bordent les magnifiques canaux dans cette petite ville de la préfecture de Okayama. Ca aussi, c’est loin, mais c’est accessible en Shinkansen… et c’est beau.

Enfin, Kawagoe, surnommée la petite Edo (par le bureau de tourisme local très actif) et qui, je suis mauvaise langue, mérite quand même bien son nom. Le quartier préservé contient des entrepôts datant de l’ère Meji dont la caractéristique est d’être ignifugé (très intéressant musée sur les pompiers d’Edo). La ville, proche de Tokyo, a joué à fond la carte du tourisme, et gagne son pari. Le quartier n’est pas homogène mais vaut le détour. 1 heure depuis la capitale seulement.

On trouve la liste de tous les quartiers préservés par arrêté municipal (« zone de préservation des ensembles architecturaux traditionnels importants »… 重要伝統的建造物群保存地区) ici .

Depuis la loi sur les paysages urbains, l’idée de leur préservation fait son chemin dans les mentalités. Les régions qui avaient été mises à l’écart des grands chambardements immobiliers de la bulle et qui étaient perdantes dans la course au développement économique, tiennent là une opportunité de développement touristique forte. Espérons qu’avec l’appui de l’Etat, elles sauront en profiter.

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