Les chiffres de l’immobilier japonais

Posté par tokyomonamour le 21 août 2010

INSEE, FNAIM, les notaires… La France foisonne de chiffres sur les transactions immobilières dans le pays.
Forcément, comme les principaux auteurs de ces chiffres ont des intérêts directs dans l’immobilier, il est légitime de douter de l’objectivité générale des publications. Mais laissons-là la France et son chaos statistique, d’autres en ont déjà très bien parlé, pour nous occuper du Japon.

Le livre blanc des terrains du ministère de l’aménagement du territoire, en anglais ici, présente tous les chiffres officiels, de prix, de mises en chantier et de transactions, dans l’archipel. Résumé, cela donne ça:

Prix des terrains en baisse pour la deuxième année consécutive, -4% sur le pays, avec une baisse plus importante dans les grandes villes, – 8,7% à Tokyo, et dans l’immobilier commercial.
Entre 2004 et 2008, grâce notamment aux dérégulations du gouvernement Koizumi, il y a eut une mini bulle immo dans les grandes zones métropolitaines durant laquelle les prix des transactions a brutalement remonté (avec des 10 ou 15% par an à Tokyo), c’était la première remontée au Japon depuis l’éclatement de la bulle dans les années 90. Et puis, patatrac, choc Leeman… L’économie réelle a repris le dessus depuis 2 ans.

780 000 logements mises en chantier en 2009, 25% de moins que l’année précédente. (France : 341 000 en 2008)

1 117 000 transactions en 2009, 8,6% de moins que l’année précédente (France, de tête, environ 600 000 pour 2009)

Un total de 57 759 000 logements pour 49 997 000 foyers, soit un surplus, sur papier, de 7 610 000 logements… Environ 13% des logements. Enorme!!! Evidemment, la plupart de ces logements sont concentrés en province et en banlieue éloignée de Tokyo.

Le pourcentage de propriétaires de leur propre logement est, sur l’ensemble du pays, de 61,1% en 2008, en très légère baisse par rapport à la précédente enquête de l’agence des statistiques (l’INSEE locale) et de 44,6% à Tokyo. Forcément, plus c’est cher moins il y a de propriétaires… Ce qui n’est pas nécessairement plus mal.
Dans une grande ville internationale, la mobilité des habitants est un atout primordial, tant pour la métropole que pour les individus qui peuvent se déplacer, changer de quartiers selon leurs besoins et leurs envies, voire de pays. La location est, me semble-t-il, le modèle le mieux adapté aux cités globales du 21ème siècle, du moins pour les personnes qualifiées qui peuvent trouver facilement un emploi hors cadre géographique. La propriété devrait être réservé à l’investissement locatif et au « petit plaisir supplémentaire ». Car je le rappelle, la résidence principale n’est pas un actif! Lisez cet excellent article à ce sujet.

Un chiffre m’avait frappé il y a quelques mois. Je suis tombé sur les chiffres de l’INSEE et parmi ces derniers une catégorie avait attirée mon attention: les gens locataires de leur résidence principale mais bailleur ou propriétaire de leur résidence secondaire… Le concept me semble intéressant et même assez pertinent…

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Le syndrome de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 20 août 2010

Stockholm, Paris, Tokyo… Trois villes magnifiques connues pour leur art de vivre, leurs musées, leur dynamisme… Et leur syndrome.

Le syndrome de Stockholm décrit le comportement irrationnel d’otages qui se mettent à développer des sentiments de confiance, d’affection, voire d’amour pour leurs ravisseurs.

Le syndrome de Paris lui, nommé ainsi par analogie avec le premier je suppose, décrit les symptomes de jeunes japonaises (généralement) désillusionnées par Paris et ses habitants et qui, ne supportant la triste et dure réalité (les parisiens sont des citadins mal polis, qui n’aiment pas les touristes et qui laissent trainer les déjections de leurs animaux dans les rues… Ce qui n’est pas faux), tombent en dépression et doivent rentrer au Japon pour prendre du repos psychologique. Allez voir cet excellent article de shinmanga agrémenté de multiples vidéos sur le sujet.

Concernant la ville qui nous intéresse ici… Il y a bien quelques forums et blogs sur le sujet mais rien de bien sérieux… Soit par ce que les auteurs sont trop affectés par les symptomes eux-mêmes, soit par ce qu’ils ne les ont pas, au contraire, expérimentés. Je n’ai pas personnellement connu de dépression suite à une désillusion face au Japon et aux Japonais. Mais j’ai rencontré plusieurs compatriotes touchés par ce qui semblait être les mêmes causes de dépression.

Les victimes semblent en général présenter les mêmes conditions:
- Une attirance pour le Japon qui les poussée à laisser tomber la France, qui leur offrait peu d’opportunités de toute façon, et à venir dans l’archipel
- Un japonais approximatif, donc des problèmes de communication
- Un visa de vacances travail, donc des jobs instables et peu rémunérés
- Un rythme de vie irrégulier lié principalement aux incertitudes de leur emploi et de leur portefeuille
- Une copine japonaise avec laquelle il s’engueule, semble-t-il, assez souvent

Pour résumer, des étrangers ne parlant pas ou peu la langue arrivent dans un pays dont ils avaient un image d’Épinal, biaisée par leur ignorance culturelle, n’arrivent pas à établir des relations humaines sincères avec les locaux et ne font que survivre financièrement d’expédients de profs de langue… Derrière le « syndrome » de Tokyo, se cache tout simplement un mal du pays renforcé par des illusions déçues et une incapacité à partager ces sentiments avec de la famille, des amis, ou même des gens qui vous comprennent.

Nous avons clairement affaire ici au syndrome de l’expatrié, avec quelques spécificités régionales certes, mais sans plus. Dossier clos.

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Travail, sexe et statistiques

Posté par tokyomonamour le 19 août 2010

Selon l’enquête Durex 2008, les japonais seraient parmi les moins actifs et les moins satisfaits au niveau des rapports sexuels. A l’inverse, les Français et leurs cousins du sud, Grêce en tête, seraient les plus actifs et les plus satisfaits dans ce domaine.
Certains voudraient voir là une raison culturelle: la passion latine, la culture romantique et un libertinage fortement ancré dans l’histoire (du moins chez nous autres français) seraient à l’origine de notre propension au sexe. A l’inverse, la rigueur japonaise, leur sens moral et familial conservateur etc…

Je voudrais mettre les résultats de l’enquête Durex, louée soit la compagnie pour tous les services rendus, en référence avec une autre statistique, celles du nombre de jours de congés payés annuels par pays.

Nombre de jours de congé moyens légaux annuels: France 30 jours, Grêce 25 jours. Japon bon dernier… 10 jours (soit deux semaines par an).

Le nombre de jours fériés réellement pris. France en tête avec 89%, Japon bon dernier toujours avec 33%.

Non seulement les japonais ont peu de vacances mais en plus, ce sont ceux qui en prennent le moins! Voilà maintenant plus de 3 ans que je suis en plein temps, avec horaires de travail à la norme japonaise et ben, je peux vous dire que je commence à rentrer dans les statistiques locales…
Bref, si les japonais copulent moins, c’est peut-être par ce qu’ils travaillent trop et ne se reposent pas assez.

Si les facteurs culturels sont certes importants pour apprécier une situation d’un point de vue relatif, les facteurs économiques sont eux, toujours nécessaires pour apprécier cette même situation d’un point de vue plus objectif et universel. Seule la combinaison de ces deux approches permet d’avoir une bonne connaissance de son milieu. C’est valable au Japon, comme ailleurs.

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La vieille extrême droite japonaise est morte… Vive la nouvelle?

Posté par tokyomonamour le 19 août 2010

Comme l’explique très bien Wikipedia sama, l’extrême droite japonaise traditionnelle, celle de l’après guerre qui comptait dans ses rangs de nombreux anciens militaires et responsables de l’ancien régime, avait de très fortes connections avec le parti du PLD qui, dans l’immense majorité, partageait les mêmes opinions, à savoir:

- Ne pas lâcher les revendications territoriales sur les îles en litige (Kouriles avec la Russie, senkaku avec la chine et Taiwan et takeshima avec la Corée… Le Japon a des litiges avec absolument tous ses voisins donc…).
- Rejeter le communisme et pour ce faire, faire contre mauvaise fortune bon coeur, et renforcer l’alliance avec les USA.
- Se concentrer avant tout sur le redressement du pays et son développement économique.

L’affaire Mishima en 1970 (Mishima Yukio se fait Seppuku dans les locaux de l’agence de la défense pour protester contre la perte de l’esprit national) lance un nouveau mouvement appelé justement, shin uyoku, avec la Issuikai à sa tête. Ce mouvement se développera de façon non organisée, à travers des associations, des publications (Le magazine Sapio notament, publié en 1987, toujours en activité dans lequel le mangaka Kobayashi Yoshinori publie régulièrement), des ouvrages littéraires et des hommes politiques d’importance (le maire de Tokyo, Shintaro Ishihara, pourrait être classé dans ce mouvement).

Ce mouvement ne met pas nécessairement l’économie au coeur de ses préoccupations, il est plus préoccupé par des questions « traditionnelles » et surtout, nettement moins pratiques, que ses prédécesseurs de l’immédiat après-guerre:

- Recouvrer « l’indépendance réelle » du Japon en rejetant toutes les bases US hors de l’archipel et, ultimement, se doter de l’arme nucléaire afin de parer aux menaces chinoises et nord-coréenne
- Modifier la constitution pour la réécrire de la main du peuple japonais
- Revitaliser le patriotisme des jeunes japonais.

L’ancienne extrême droite japonaise, qui avait fait la guerre, mettait ses idées au service de la realpolitik dans un contexte d’occupation et de guerre froide. La nouvelle extrême droite, représenté par des hommes et des femmes qui ont vécu durant la période de forte croissance économique, se concentre sur des « principes » moraux et des théories de géopolitique toute faite… L’ancienne extrême droite qui a souvent mis ses troupes au service du gouvernement dans sa lutte contre les cellules communistes dans le pays était pragmatique mais « l’idéalisme » national des nouveaux patriotes japonais peut devenir dangereux s’il se répand dans les cercles politiques, toujours teintés du pragmatisme de la doctrine Yoshida.

La conférence des patriotes tenus à Tokyo la semaine dernière avec plusieurs membres de l’extrême droite européenne a montré avec évidence la dichotomie entre les mouvements nationalistes européens qui se concentrent tous sur des questions essentiellement pratiques et immédiates, immigration et bureaucratie européenne, et le mouvement japonais mené par la Issukai, qui professe un patriotisme avant tout moral et une idéologie assez abstraite basée sur des principes (l’empereur, la réforme de la constitution etc.). Je ne pense pas que le Japon ait gagné au changement de générations dans ses mouvements nationalistes et je préférais nettement les anciens barbouzes, ex-militaires associés aux yakuzas, brutaux mais « raisonnables » dans les grandes lignes, que ce nouveau courant de principes qui n’a pas connu la guerre…

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« Le Japon est une source d’inspiration pour tous les nationalistes du monde »

Posté par tokyomonamour le 14 août 2010

Article introduction d’une série sur l’extrème droite dans l’archipel.

Les débats de la conférénce sont achevés et sont résumés dans ce court article, très critique, du blog d’un journaliste présent de The Economist .
La phrase marquante de ces deux journées, du moins dans le cadre traité par ce blog, est celle du titre de ce post. Il s’agit d’une opinion émise par tous les européens présents et phrasifiée par le modérateur japonais de la réunion. Les japonais nationalistes présents eux, ne voyant que les problèmes et les faiblesses de leur pays, semblent avoir pris la remarque avec incrédulité… Après tout, tout est question de point de vue… Le doublement des étrangers au Japon en 10 ans, de 1% à 2% de la population, peut sembler un début d’invasion pour certains japonais et faire sourire les européens qui en sont à des taux de 15 ou 20% en général… Tout est relatif.

Les arguments:
Une politique d’immigration extrêmement restrictive, une industrie forte, un respect de l’idée nationale et surtout, des traditions qui ont résistées à la modernité et qui perdurent de nos jours encore.

Notons que tous ces points sont, à des degrés divers, ceux qui sont appréciés par les touristes visitant l’archipel. Nous aimons le Japon pour les japonais qui l’habitent, nous appprécions leurs produits technologiques et nous louons leur respect des traditions à travers une série d’images type geisha avec téléphone portable. Toutes ces choses que la plupart des occidentaux apprécient peuvent être interprétées d’un point de vue politique au service d’une approche nationaliste. Il faut avoir conscience de ces rapports pour bien comprendre le Japon et la façon dont le système fonctionne. J’avais déjà parlé dans un article précédent du système d’Etat civil qui ne reconnait que la « famille » comme unité de compte, le conjoint étranger étant annoté dans la catégorie « remarque ». C’est un exemple très clair explicitant la philosophie générale du système japonais à l’égard de la nationalité, de la famille et de l’idée de communauté nationale.

Lorsque je parle avec des admirateurs aveugles du Japon (souvent vivant en France d’ailleurs et n’ayant fait que quelques séjours dans l’archipel) et que nous parlons du système politique global (sans rentrer dans les détails et dans les récents changements de parti au pouvoir) du pays, je leur dis: Le Japon est gouverné par un parti ayant les idées du Front National depuis près de 50 ans. Les leaders japonais sont-ils tous des « facistes » pour autant? J’obtiens peu de réponses en général.

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