Le syndrome de Tokyo

Posté par tokyomonamour le 20 août 2010

Stockholm, Paris, Tokyo… Trois villes magnifiques connues pour leur art de vivre, leurs musées, leur dynamisme… Et leur syndrome.

Le syndrome de Stockholm décrit le comportement irrationnel d’otages qui se mettent à développer des sentiments de confiance, d’affection, voire d’amour pour leurs ravisseurs.

Le syndrome de Paris lui, nommé ainsi par analogie avec le premier je suppose, décrit les symptomes de jeunes japonaises (généralement) désillusionnées par Paris et ses habitants et qui, ne supportant la triste et dure réalité (les parisiens sont des citadins mal polis, qui n’aiment pas les touristes et qui laissent trainer les déjections de leurs animaux dans les rues… Ce qui n’est pas faux), tombent en dépression et doivent rentrer au Japon pour prendre du repos psychologique. Allez voir cet excellent article de shinmanga agrémenté de multiples vidéos sur le sujet.

Concernant la ville qui nous intéresse ici… Il y a bien quelques forums et blogs sur le sujet mais rien de bien sérieux… Soit par ce que les auteurs sont trop affectés par les symptomes eux-mêmes, soit par ce qu’ils ne les ont pas, au contraire, expérimentés. Je n’ai pas personnellement connu de dépression suite à une désillusion face au Japon et aux Japonais. Mais j’ai rencontré plusieurs compatriotes touchés par ce qui semblait être les mêmes causes de dépression.

Les victimes semblent en général présenter les mêmes conditions:
- Une attirance pour le Japon qui les poussée à laisser tomber la France, qui leur offrait peu d’opportunités de toute façon, et à venir dans l’archipel
- Un japonais approximatif, donc des problèmes de communication
- Un visa de vacances travail, donc des jobs instables et peu rémunérés
- Un rythme de vie irrégulier lié principalement aux incertitudes de leur emploi et de leur portefeuille
- Une copine japonaise avec laquelle il s’engueule, semble-t-il, assez souvent

Pour résumer, des étrangers ne parlant pas ou peu la langue arrivent dans un pays dont ils avaient un image d’Épinal, biaisée par leur ignorance culturelle, n’arrivent pas à établir des relations humaines sincères avec les locaux et ne font que survivre financièrement d’expédients de profs de langue… Derrière le « syndrome » de Tokyo, se cache tout simplement un mal du pays renforcé par des illusions déçues et une incapacité à partager ces sentiments avec de la famille, des amis, ou même des gens qui vous comprennent.

Nous avons clairement affaire ici au syndrome de l’expatrié, avec quelques spécificités régionales certes, mais sans plus. Dossier clos.

5 Réponses à “Le syndrome de Tokyo”

  1. Momix dit :

    Je suis d’accord avec ton analyse quant aux circonstances probables d’un syndrome de Tokyo. Par contre, même je ne me suis jamais expatrié au Japon, je suis très intéressé à l’idée de m’y expatrier, ce qui m’a poussé à évaluer les risques. A mon avis, à part la personne qui s’expatrie au Japon dans des conditions difficiles, j’en connais qui le font dans le cadre de leurs études, dans des conditions acceptables même si ce n’est pas le grand luxe. Il me semble que ces personnes avait d’autres raisons de connaître le syndrome de Tokyo:
    - L’une des raisons qui pousse un occidental à partir au Japon est son intérêt envers le peuple : réputés pour leur politesse infinie, les japonais n’en sont que plus distants (du moins dans un premier temps) et le manque de maitrise de la langue n’aide pas à créer des relations privilégiées. C’est comme ça qu’une amie n’a commencé à se faire des amis japonais qu’après 1 an et demi d’études sur place, sachant qu’elle a été aidée pour cela grâce à un grand nombre de connaissances et amis étrangers comme elle, qui l’ont introduite dans leurs cercles.
    - Un occidental, notamment français, a une certaine idée de l’intégration des étrangers. En France, un étranger , pour s’intégrer au mieux, doit faire comme les français, parler comme eux, connaitre leurs références culturelles, s’intéresser profondément à la vie politique française, et de débattre de tout cela à n’en plus finir. Il me semble qu’au Japon, un occidental reste un Gaijin quoi qu’il fasse ! Et par conséquent, pour mieux s’intégrer, il n’est pas sensé copier les japonais, dans quel cas il se heurte au mur des traditions et de règles de vie propres au Japon. Il se heurte ainsi à l’intransigeance des japonais face au non respect de règles implicites. Mais, il est sensé s’affirmer dans sa position d’étranger, quitte à jouer sur les préjugés. Ainsi, il est accepté en tant gaijin et traité avec bienveillance et indulgence.
    Malgré tout, il est frustrant de savoir qu’on restera toujours considéré comme un étranger, ne serait-ce qu’en voyant un jeune nous pointer du doigt en disant « Gaijin » (même après plusieurs années vécues au Japon). Il est vrai que c’est moins fréquent à Tokyo que dans certaines provinces où on voit moins de touristes…
    - Un touriste occidental au Japon est toujours impressionné par le niveau du service et la politesse des gens. Par contre, me semble-t-il, dès que l’on passe de l’autre côté de la barrière et qu’on devient soi-même serveur ou employé, on se heurte à une vision du client roi, désagréable et parfois impoli ou encore du chef qui peut devenir vite désagréable voire méchant si on rate une formule de politesse, ou qu’on fournit un travail ne faisant pas assez attention aux détails. Je crois savoir que, dans le milieu professionnel, les japonais accordaient énormément d’importance à des détails qui nous paraitre à nous autres occidentaux secondaires voire sans importance.
    - Et pour finir sur une touche plus légère, le mâle occidental croyant avoir un faible pour le type asiatique et croit pouvoir en trouver très facilement et très rapidement une fille à gout en allant au Japon, se rend très vite à l’évidence : il a un faible non pas pour les asiatiques (ou les japonaises) mais pour les célébrités asiatiques (ou japonaises), largement au-dessus de la moyenne :-) (il semble, notamment, que les nombreux problèmes de dentition aient dégouté plus d’un !). Néanmoins, ce n’est pas ce qui a empêché un certain nombre de trouver chaussures à leur pied.

  2. tokyomonamour dit :

    Bonjour Momix, merci pour le commentaire bien complet et, ma foi, très pertinent.

    Il y a effectivement de nombreuses raisons particulières au blues de l’occidental au Japon. Mais comme je l’ai dit dans l’article, ce ne sont que des sous variantes spécifiques au Japon. Les vraies causes, la racine du mal, c’est le manque de capacité linguistique et l’ignorance culturelle. Ce sont des causes universelles. Si tu sais que resteras toujours un gaijin aux yeux des japonais, quel que soit le nombre des années et que tu acceptes cet état de fait, tu seras pas déçu de l’attitude de ces imbéciles chauvins et xénophobes (ils existent partout, au japon, comme ailleurs) qui te traitent comme un moins que rien.
    Une bonne connaissance de son milieu permet de s’y adapter. Ceux qui négligent cette préparation s’exposent aux pires déceptions… Y compris, et surtout, s’ils pensent lever de mignonnes asiatiques genre ABK48 et autres Morning Musume :)
    Concernant le problème de dentition. C’est considéré comme un élément Kawaii, et les dents de vampire remportent un franc succès auprès des males nippons… Esprit du relativisme culturel, es-tu là?

  3. Momix dit :

    Merci pour ta réponse rapide, ça fait toujours plaisir.

    C’est peut-être surprenant mais ce que tu me dis là ne me donne que plus envie de m’expatrier au Japon. Je cherche justement ce dépaysement, cette incompréhension, et cette découverte des mentalités autres. Pour information, je suis déjà un expatrié en France, je suis tunisien à la base, je vis en France depuis 9 ans et aujourd’hui, je me sens un peu trop chez moi, c’est comme si j’avais toujours vécu ici. La recette de mon intégration est à la fois une affirmation de mon identité maghrébine et une connaissance que j’estime satisfaisante de culture française, mes études d’ingénieur aident aussi je pense. Cependant, mes yeux se tournent aujourd’hui vers l’orient et je cherche la bonne formule pour m’expatrier au Japon. C’est pourquoi j’épluche les blogs d’expatriés.

    Je dois dire que le tien, malgré son jeune âge, regorge déjà d’informations fort pertinentes et différentes du simple « Ce week-end, je suis allé à Hakone/Enoshima, c’était super ». Je continuerai à te lire avec un plaisir renouvelé.
    Penses-tu pouvoir me donner plus de détails pratique sur l’expatriation par mail?

    Merci et à bientôt !

  4. Clarence Boddicker dit :

    Juste un ou deux trucs, comme ça en passant:

    AKB48 et autres momusu, c’est typiquement « the girl next door » hein. Elles sont dans la moyenne générale quoi. On trouvera largement mieux au Kyaba, ou plus simple, Shibuya. Du coup, des étrangers serrant des bombes, il y en a. Vous pouvez me croire. Et c’est pas plus difficile qu’à Paris, Varsovie ou Rome, si on sait se démerder un minimum et labourer les lieux communs.

    Autrement, le syndrome de Tokyo ne frappe pas que les WH éternellement fauchés, ou les profs de langue mal marié hein. Dans les front office, on se pose aussi généralement la question de savoir si on va rester dans ce pays qui ne vous offre rien de plus qu’un salaire attrayant (surtout si tu l’exprimes en yen en ce moment), si ce n’est un inégalable et confortable agrément de vie.

    Alors le confort soit.

    Mais la solitude et l’hypocrisie de rapports que d’aucuns estiment souvent peu chaleureux et distants, autant dans la vie professionnelle que sentimentale, ça n’aide pas toujours à vouloir rester dans le bain. Encore plus quand l’incompréhension et les différences culturelles se chargent d’agrandir le fossé.

    Par contre, clair que les plus aigris et remontés contre le « japanisthan » restent les crevards en marge d’un pays où le fric est roi, et la vitrine de consommation plus qu’attrayante.

    Autrement, pas bien ! Il y avait tout de même mieux que Shinmanga pour parler du syndrome de Tokyo.

    GENRE EUX QUOI.

    Clarence, patient du docteur Schlassenstrasse

  5. tokyomonamour dit :

    Clarence Boddicker… Son doute le meilleur rôle de M. Smith… Mais revenons à nos moutons. Merci pour le commentaire.

    Quelques précisions seulement :
    J’ai recommandé Shinmanga pour son article sur le syndrome de Paris, pas sur celui de la capitale nippone.

    Il est évident que, question gente féminine, on peut toujours sortir avec des filles mignonnes, et dieu sait qu’elles sont nombreuses au Japon! Maintenant, si vous me dites que la plupart des filles next door to you ressemblent a Asuka Kuramochi( http://www.french-kiss.jp/index.html), il faut immédiatement que vous donniez le nom de votre immeuble aux lecteurs!

    Concernant la catégories sociales des déprimés. Je me suis permis de faire une généralisation sur les Working Holidays. Mais les vrais facteurs, et qui dépassent les cadres professionnels, c’est, je le répète, la langue et la connaissance culturelle du lieu et de ses habitants. Vous pouvez effectivement faire une déprime même si vous êtes cadre dans une grosse boite et que vous gagniez 600 000 yens par moi si vous parlez le japonais en petit nègre et que vous ne comprenez pas les comportements des gens qui vous entourent.
    Mais ce n’est pas propre au Japon. C’est valable dans tout pays d’expatriation…

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