Le promoteur, la tour et le faux bâtiment historique

Posté par tokyomonamour le 11 août 2010

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Quel est le point commun de ces trois bâtiments: Le théâtre kabukiza à Ginza construit en 1923, la poste centrale de la gare de Tokyo datant de 1933 et le premier bâtiment de bureau digne de ce nom au Japon, le Mitsubishi 1 go kan édifié dans le quartier de Marunouchi en 1894? Ils ont été préservés? Transformés? Détruits? Un peu des trois à la fois en fait… Pour faire un néologisme je dirais qu’ils ont été « upgradé », et que comme dans tout upgrade, il y des bugs. Ici, c’est l’énorme gratte-ciel juste derrière (cf photos).
Vous avez déjà pu voir à Paris ou ailleurs ces façades Hausmaniennes en plan horizontal façon décors de carton pâte hollywoodien sans rien derrière? C’est de la transformation ou de la conversion. On garde la structure générale et la façade mais on refait tout l’intérieur. En France cependant on garde les proportions générales du bâtiment pour l’harmonie urbaine. A Tokyo, les choses sont différentes puisqu’il suffit de lever les yeux pour voir se dresser une tour monumentale derrière la bâtisse de quelques étages. Un paysage assez courant à New York, me direz-vous, sauf que le bâtiment ici n’est pas l’original. Il est reconstruit de toute pièce, en béton et à l’aide des dernières technologies de construction.

Une mission d’interprétariat m’a mené sur le chantier Mitsubishi il y a deux lors de la construction: tout le bâtiment en brique est en fait construit en béton et acier et repose sur des ressorts anti-sismiques (très impressionnant d’ailleurs comme technologie). Ex. de destruction-reconstruction identique à l’original dans le visuel mais moderne dans la structure et les technologies du bâti.
Pour la poste centrale de Tokyo c’est un peu différent, puisque les promoteurs ont décider de garder la façade telle quelle et de construire derrière. Ex. de façadisme pur et dur.
Quant au Kabukiza, il va être reconstruit « dans l’esprit » de la tradition théâtrale. Ici le bâtiment est euthanasié, il ne revivra pas, même sous une « fausse » apparence. Ex. de destruction-reconstruction moderne inspirée de l’original.

Tokyo cherche des alternatives au « déplacement architectural » et c’est une bonne chose. Il ne faudrait cependant pas que ces pseudo préservations architecturales servent à donner bonne conscience aux responsables urbains et qu’elles soient un prétexte pour détruire les bâtiments authentiques uniquement pour les remplacer par des tours de 50 étages d’un SHON 1000 fois supérieur. Parmi les trois exemples donnés ici, celui du kabukiza me semble encore le plus « vrai » dans sa démarche. On perd certes le bâtiment, mais le projet adopte une approche tournée vers le futur basée sur la transmission des « traditions immatérielles » et ne se fourvoie pas dans la fausse préservation, le chemin le plus souvent adopté par les promoteurs. (Plus rapide, plus séduisant, plus facile est le côté obscur de la Force…).

Tokyo se cherche une identité, entre passé, présent et futur en innovant, souvent sans coordination entre les différents projets et initiatives. Dans ce foisonnement de construction (et dire que la bulle a éclaté. Qu’est-ce que ça devait être dans les années 80!?) une chose seule est certaine. Tokyo n’est pas prête à devenir une ville musée!

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