No pain, No gain : Gambarimasu !

Posté par tokyomonamour le 3 août 2010

Le verbe gambaru, se compose de deux caractères, ou racines: Katakuna(ni) et Haru. Le premier signifie « obstinément », le second « tendre ». On pourrait traduire ça par « bander quelque chose à fond » (comme bander un arc, pas l’autre évidemment…). Le verbe traduit la volonté du locuteur de mettre toute ses forces dans la concrétisation d’une action, ou dans la réalisation d’un objectif. Le « Gambarimasu ! » de base est utilisé à toutes les sauces et dans toutes les situations. Un élève en train de préparer ses exams : « Gambarimasu ! », un commercial cherchant à faire son chiffre : « Gambarimasu ! », un judoka s’entrainant pour un randori : « Gambarimasu ! », un politicien en campagne pour les prochaines élections : « Gambarimasu ! » …

Derrière se vocable courant et pratique d’usage se cache néanmoins une vraie philosophie sociale. Celle de la reconnaissance de l’effort plus que de la reconnaissance du résultat. Attention, le résultat est important au Japon ! Un samourai qui faillit à sa mission est obligé de s’ouvrir le bide pour réparer ses torts… Mais la vraie différence, c’est qu’on ne va pas cracher sur son cadavre. On dira peut-être de lui, avec un regard bienveillant, « gambatta noni… » et on ira encenser son abnégation auprès de sa famille. Vous comprenez mieux pourquoi les japonais étaient prêts à se battre jusqu’à la fin lors de la seconde guerre mondiale, même après la bataille d’Okinawa et même après Hiroshima (par ce qu’ils ne sont décidés à se rendre qu’après la deuxième bombe nucléaire, ne l’oublions pas !!! Si c’est pas de l’entêtement?!).

Ce sens de l’effort qui est passé dans la culture populaire à l’époque d’Edo, est maintenant toujours bien implanté dans la pensée de chacun. Ma femme me disait encore l’autre jour (ça fait un peu Colombo comme expression ça…) « gambatte iru anata ga suki »… Alors que de l’autre côté, elle n’en peut plus d’inquiétude de me voir changer de voie professionnelle… Paradoxal. Comme cette association de mot, Noblesse et Echec (« La noblesse de l’échec » de Ivan Morris aux éd. Gallimard. Le meilleur essai sur le sujet jamais écrit), deux mots opposés pour nous, souvent imbriqués au Japon.

Mais pour bénéficier de la reconnaissance sociale que ce vocable doit vous conférer, il faut en chier… Par ce que ce qui est facile à faire, n’est pas du gambaru… Nostalgiques de la morale judéo-chrétienne, vous allez aimer cet aspect de la culture nippone…

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