Temps partiel et conservatisme social

Posté par tokyomonamour le 21 juillet 2010

Well, well, well…

Après négociations et discussions assez franches avec ma patronne (japonaise je le rappelle) sur l’ambiance dans la boite, la situation de trésorerie et mes envies de nouveaux horizons (l’architecture et l’urbanisme ! J’y reviendrai prochainement…), j’ai obtenu un passage à mi-temps à partir du mois prochain. Un 20 heures par semaine qui devrait me laisser le temps de… prendre mon temps notamment, mais aussi de reprendre des études et de redécouvrir un peu le monde.

J’annonce la nouvelle à ma femme quelques jours plus tard et elle prend la chose avec un sourire un peu forcé, certes, mais soutenant clairement mon choix au vu du récent stress professionnel auquel je réagissais de moins en moins bien, ce qui se répercutait bien évidemment sur notre vie de couple… Barre à tribord toute voile dehors ! Me dis-je alors…

Mais voilà que le week end dernier, alors que nous planifions notre voyage chez ses parents pour la fête traditionnelle du Obon (La Toussaint locale), elle me demande, un peu gênée, de ne pas parler de mon passage à temps partiel à ses parents. Raison : elle ne veut pas les inquiéter… Forcement, je le prends mal, genre, « t’as honte de ce que je fais, t’as honte de moi, pourquoi tu n’assumes pas ce que je suis, mes choix et mon style de vie ? »… J’avoue avoir été un peu insistant alors qu’elle ne pensait sûrement qu’à ménager sa maman un poil conservatrice, déjà passablement inquiète par le fait de voir sa fille se marier à un français risquant de l’emmener à l’autre bout du monde dans un futur proche. Mais que voulez-vous ? J’ai l’égo un peu sensible…

Tout ça pour dire que l’importance de la position professionnelle de l’individu dans la société nippone est sans commune mesure plus importante que chez nous, tant au niveau de la famille, comme je l’ai expérimenté, qu’au niveau des médias. Par exemple, de récentes inondations ont récemment fait 9 morts dans l’ouest du pays. La présentation des victimes commencent toujours par le métier de celle-ci. Kaisha-in no … M. Yamada, salarié en entreprise, décédé lors de l’inondation… Cette importance du métier dans la vie sociale était également prépondérante en France avant l’effondrement du plein emploi, dans les années 70, et l’est encore bien sûr dans de nombreux secteurs de la société, mais il a été considérablement tempéré par une population de chômeurs maintenue à plus 10% (de fait, 20% ou plus je suppose…) pendant maintenant près de 30 ans, soit une génération et demie déjà ! Les enfants de la crise ont appris, par la force des choses, à modérer les valeurs conservatrices, le travail, la famille, la patrie (qui sont de fait avec quelques variantes, les valeurs de base de tout pays en plein essor). Le Japon prend, pour le meilleur et pour le pire, le chemin de la France et des autres pays industrialisés : celui de la décadence, ce qui est inévitable. Toute chose atteignant un sommet doit en descendre à un moment ou à un autre. La décadence économique engendre une décadence des valeurs sociales et/ou morales : augmentation des divorces, de la criminalité etc.

Cependant, le Japon a su retarder son point de chute qui se situe dans son cas, dans les années 90, avec l’éclatement de la bulle immobilière. Coexistent donc diverses tendances opposées fortes : le conservatisme traditionnel, toujours prédominant mais de plus en plus faible et les modes de vie alternatifs, dont certains sont proches de ceux que l’on trouve en France, d’autres propres à la culture nippone. La situation actuelle est en fait assez proche de la France de la fin des années 70 et du début des années 80, sans les mouvements politiques ou idéalistes procommunistes (la jeunesse nippone n’est pas engagée).

Etant moi-même un enfant de la crise ayant appris à relativiser les valeurs sociales établies, je souhaite encourager ma femme à comprendre et à adopter ces visions alternatives du monde… Ce qui revient également à encourager indirectement la décadence économique et sociale du pays… Ce qui est bon pour l’individu ne l’est pas nécessairement pour le pays. L’inverse est également vrai. Mais bon, quitte à choisir…

Laisser un commentaire

 

Les anniversaires des stars |
FRANCESCA esprit Channeling |
Sénégal Junior Intelligence |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Anglais pour non-spécialist...
| bobs3
| Hôtel le Renaissance